L'antichambre

16 novembre 2008 | 1 commentaire

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L'antichambre est une pièce de théâtre de Jean-Claude Brisville en ce moment mise en scène par Christophe Lidon. Louis XIV est mort, et le pouvoir se déplace alors de Versailles à Paris pour rejoindre les « bureaux d'esprit », appelés aussi « salons littéraires » dés le XIXème siècle. C'est dans le salon de Mme du Deffand (Danièle Lebrun) que se joue la pièce, en compagnie de son ami le président Hénault (Jean-Claude Bouillon), ancien conseiller au Parlement de Paris ainsi qu'historien et écrivain, et de sa nièce Julie de Lespinasse (Sarah Biasini).

Le salon accueille la philosophie des Lumières, les Encyclopédistes, les idées nouvelles, aussi bien d'Alembert que Turgot ou encore Diderot. Mme du Deffand communique également avec Voltaire mais elle ne partage pas les idées progressistes de ces hommes : traditionnelle, fidèle aux institutions monarchiques, au Roi, à l'ordre, elle représente ce temps qui déjà commence à s'effondrer sous l'impulsion des philosophes.

Julie de Lespinasse, quant à elle, est jeune, vive et intelligente. Elle fréquente dés son arrivée le salon et y trouve des hommes et des idées qui la séduisent : elle se transforme alors peu à peu, défend le progressisme des Lumières, s'enflamme pour les idéaux de justice ou de Liberté qui ont cours. La voilà qui attire l'attention pour remplacer progressivement une Mme de Deffand vieillissante, presque aveugle bientôt, qui perd ainsi un à un tous ses amis, toutes ses fréquentations, et finit dans la solitude et l'incompréhension : deux mondes qui ne se comprennent plus.

Car assurément, dans cette pièce, Mme du Deffand est la figure de la monarchie tandis que sa nièce Julie représente la nouvelle société en marche, les nouveaux idéaux, la Révolution qui va bientôt apparaître pour mettre à bas la société dite « vieillissante ». Le conflit berce l'ensemble de la pièce entre les deux femmes, autour d'une lecture des Lettres philosophiques de Voltaire, de l'évocation de l'affaire Callas ou encore de la révocation du privilège de l'Encyclopédie.

Le metteur en scène présente une pièce dont le mur du fond n'est en fait qu'un gigantesque miroir qui renvoie l'image des protagonistes, un miroir qui se rapproche de Mme de Deffand tandis qu'elle sombre de plus en plus. Nous ne pouvons que penser aux moralistes tels que La Bruyère ou le duc de La Rochefoucault qui nous présentent ces « Miroirs, de nos défauts les Peintres légitimes »* ; et c'est bien là l'esprit de cette pièce, qui a pour ambition de présenter le débat d'idées qui règne au sein du XVIIIème pièce et, malheureusement, la victoire de ces idéaux utopiques qui mèneront jusqu'à la fatale Révolution française.

*Jean de La Fontaine, Fables, I, 11.

Dimitri Julien

Un commentaire pour "L'antichambre"

  1. BAVORAK

    Le 18 novembre 2008 à 23:02

    Bonjour mes petits camarades. Je suis en réunion Comité d'Entreprise vendredi et serait volontiers des vôtres samedi midi. Se trouverait il une bonne âme pour m'héberger du vendredi au samedi (idéalement du jeudi au vendredi ce qui m'éviterait de me lever à 05h00 pour prendre mon T.G.V ? . D'avance merci