La HALDE, police politique de la République

10 novembre 2008 | 7 commentaires

« Ne pas multiplier les entités sans nécessité. » Ce précepte, dit « rasoir d’Ockham », tiré d’une application rigoureuse de la logique et de la science, nous servira à l’occasion en politique. En effet, le corps étatique français souffre de nombreuses entités non nécessaires. Pourquoi ne pas commencer par découper la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité pour les intimes) ? Est-ce un crime d’utiliser le ciseau contre ceux qui veulent tailler dans nos manuels scolaires ? Notons que ç’aurait pu être une bonne chose, tant il y a d’âneries dans les livres fournis par l’éducation nationale républicaine.

Un petit mot sur la HALDE. Son nom est à la fois vrai et trompeur. En effet on pourrait croire que c'est une institution étatique, mais elle ne fait pas partie intégrante de l'Etat : elle est commanditée extérieurement par lui.

Qu’est-ce qui scandalise la nouvelle Gestapo française ? « La Halde n’a même trouvé qu’une image sur plus de 3000 qui signale cette réalité, il s’agit d’une photo de la Gay Pride. » (source France info). Quelle réalité ? L’homosexualité. La Halde se plaint qu’il n’y a pas assez de photos sur les homosexuels dans les livres scolaires. Autre chose : « on voit plus souvent des hommes médecins et des femmes infirmières. Exemple sur la couleur de la peau : les Noirs sont plus souvent représentés en situation de maladie ou de pauvreté. Exemple sur les seniors : on les voit plus souvent malades qu’actifs et souriants. »
Voyons ce qu’en dit le ministre : « dans la dernière circulaire de rentrée, Xavier Darcos mentionne la lutte contre plusieurs formes de discriminations - homophobie, racisme, antisémitisme... - et demande aux établissements de faire quelque chose. »

On pourrait s’offusquer de cela, mais ne faisons pas comme nos opposants, c’est-à-dire se réfugier dans la sentimentalité.
Signalons deux choses fondamentales : la première, l’égalitarisme forcené qu’implique une telle démarche. En effet, prenons le cas de l’homosexualité. L’argument invoqué est celui du nombre : le nombre de photos d’homosexualité est trop inférieur au nombre de photos d’hétérosexualité. Mais que veut-on ? A partir de quel pourcentage cela devient acceptable ? Les hommes et les femmes sont-ils des numéros, des parts de pourcentage d’une population globale ? Faut-il 1500 photos d’homosexuels et 1500 photos d’hétéros pour que l’organisation néo-stalinienne nommée HALDE soit satisfaite ? Mais n’est-ce pas, au nom de la fin de la normalité (jugée arbitraire, apanage de la modernité), vouloir instaurer une nouvelle norme, celle de l’égalité obtenue par tous les moyens, « pereat vita » (la vie dût-elle en périr) ? Veut-on forcer la moitié des français à devenir homosexuels afin que la « parité » soit respectée ? Veut-on accorder les mêmes droits à tous, quitte à oublier les devoirs, et à nier les particularités au nom d’un melting pot généralisé ? On ne combat pas le racisme à coup de stalinisme...

La seconde chose, c’est le révisionnisme et la négation de la réalité saillants dans cette perspective. Tant qu’on y est, pourquoi ne pas supprimer les photos d’hommes et de femmes dans les manuels de biologie, sous prétexte qu’elles nous montrent des différences irréductibles ? Dieu sait s'il faut constater les différences avant de pouvoir harmoniser les hommes, et non se contenter de les nier purement et simplement...
Mais reprenons les exemples de la HALDE. La vieillesse n’est-elle pas un âge où les maladies sont plus fréquentes, où la fragilité est manifeste ? Le continent africain n’est-il pas un continent globalement pauvre et défavorisé ? N’y a-t-il pas plus de femmes que d’hommes qui sont infirmières ? Et le métier d’infirmière n'est-il pas de même valeur que le métier de médecin ? N’est-ce pas finalement la HALDE qui est raciste et discriminatoire, en voulant nier la réalité, la cacher pour mieux faire avaler aux gens le bon vieux credo républicain « tout va bien dans notre paradis terrestre, on s'occupe de tout » ?
Un enfant devant son manuel scolaire, doit-il croire que la vieillesse est un âge radieux où l’on n’a aucun problème de santé ? Doit-il croire que le continent africain est prospère et gouverné avec justice ? Doit-il croire qu’il y a autant d’homosexuels que d’hétérosexuels dans le monde ? A-t-on besoin de faire de l'homosexualité une affaire publique, alors qu'elle relève de la vie intime de chacun ?

La République est le régime du mensonge généralisé (cela rappelle des heures sombres… pour paraphraser les "antifascistes" qui inspirent pourtant cette politique nauséabonde), qui s’inspire des méthodes de feu Staline ; qui, sous prétexte d’antiracisme, instaure une nouvelle forme de racisme et d’oppression. Tremblez citoyens, parce que la République vient de se doter d’une police politique, et que votre gouvernement utilise des méthodes qui ont fait leurs preuves en URSS ou sous le national-socialisme… Police des mœurs oblige, demain il faudra penser droit sous peine de procès. Pensez-y, après votre 20 Minutes le matin…

Frédéric Traum 

7 commentaires pour "La HALDE, police politique de la République"

  1. Saucourt

    Le 10 novembre 2008 à 17:14

    Bien joué, bel article !
    Sur l'uniformisation des cultures et les conséquences du melting pot, n'hésitez pas à regarder l'épisode de South Park intitulé "Les Gluants", épisode 6, saison 8.
    Il est visible gratuitement sur ce site : http://south-stream.c.la/
    J'en profite pour signaler qu'à mon sens, la série South Park, réalisé par deux cadres du Parti Libertarien, est une des seules séries se permettant un ton très impertinent et politiquement incorrect sur nombres de sujets polémiques, comme l'homosexualité, la repentence, la tolérance, le port d'armes, la presse people, l'immigration, l'évangélisme, le 11 septembre, le handicap, etc.
    Pour ceux qui aime le comique burlesque et provocateur, n'hésitez pas !

  2. Reinelde Maes

    Le 10 novembre 2008 à 19:24

    Et ça non plus ça n'est pas bon pour les libertés...
    Bravo ! On met le paquet !

  3. Ronan

    Le 11 novembre 2008 à 7:13

    Excellent article en effet

    Enseignant de primaire j'ai été scandalisé par un récent article à ce sujet dans le quotidien Présent.

    Quel société voulons - nous laisser à nos enfants ? Il faut en finir avec le formatage républicain des esprits si cher à l'éducation "nationale".

    Moi, enseignant en école privé catholique, je devrais aller expliquer aux enfants que l'homosexualité est une chose tout à fait normale et en passe de devenir la norme ? (Ceci dit chacun est libre mais il y a aussi un phénomène de mode indéniable et malsain). Non ! Revenons aux valeurs essentielles qui ont fait la France, ne nous laissons pas manipuler et protégeons nos enfants!

    Un enseignant royaliste !! (Oui il y en a ne vous inquiétez pas !)

  4. Claude Bourrinet

    Le 11 novembre 2008 à 7:33

    L’enfer est pavé de bonnes intentions. C’est un terrain solide car semé de ces grosses pierres qui font les certitudes. Jadis, il était peuplé de criminels intéressants, donc pas nécessairement mauvais. On pouvait y trouver, en suivant Virgile, des égoïstes desséchés, de luxurieux passionnés, des assassins pittoresques, de pathétiques et tragiques hères.
    Ils avaient vécu !
    Maintenant, nous n’avons plus que des imbéciles heureux, phénomène d’autant plus inquiétant que la perspective d’une grandiose fusion entre le paradis et l’enfer n’est plus inimaginable.
    Le 6 novembre 2008, la HALDE (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) a publié un rapport sur la représentation des « stéréotypes » dans les manuels scolaires.
    L’étude porte en effet sur les discriminations qui sont censées s’y trouver au sujet de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’origine, du handicap, de l’orientation sexuelle et de l’âge. Elle est l’aboutissement d’une enquête qui ressemble étonnamment à une démarche inquisitoriale. Il ne manque guère que la torture (cela viendra peut-être…).
    Passons sur le procédé malhonnête, stalinien (ou ecclésiastique ?), assez fréquent dans l’enquête, qui consiste à citer un exemple particulièrement caricatural (comme des exercices citant Ali Baba et les quarante voleurs) destiné à représenter tout le reste. Naïveté des inquisiteurs ! Ils utilisent le même travers qu’ils disent combattre, à savoir la surévaluation d’un donné instituant un genre. De même, la prise en considération de témoignages à charge d’enseignants au détriment d’opinions contraire, qui ne sont pas prises en considération, du moins qui n’apparaissent pas dans le rapport.
    Il ressort donc que femmes, handicapés, « seniors », orientations sexuelles ne sont pas présentés de façon positive.
    Remarquons que l’étude a été menée par des chercheurs de l’université Paul Verlaine de Metz. On ne saurait trop insister sur ce passage obligé par la case « scientifique » dans la pratique moderne de la propagande. Il n’est pas d’arraisonnement idéologique, maintenant, qui ne s’appuie sur des prétendues recherches, ou tests, que cautionnent des instances « au-dessus de tout soupçon ». Ainsi de la fameuse question de la fessée, des comparaisons fumeuses entre systèmes éducatifs de nations aussi différentes que la Finlande et la France…
    Plus étrange, si l’on apprécie honnêtement et lucidement le manque de sérieux de la HALDE, est la présence d’institutions plus ou moins officielles, qui semble lui donner du poids et qui ne manque pas de susciter des interrogations. Ainsi trouve-t-on un groupe de pilotage avec participation du Ministère de l’Education nationale, du syndicat national des éditeurs, de la Délégation ministérielle de la famille, de l’Agence nationale de la cohésion sociale et de légalité des chances, de la Direction de l’accueil, de l’intégration et de la citoyenneté, du Centre national de la documentation pédagogique, du Collectif Education contre les LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans)phobies, du service des droits de la femme et de l’égalité (SDFE) et de la Ligue des droits de l’homme. Ce catalogue d’un Prévert inspiré par 1984 ne manque pas d’inquiéter, d’autant plus que des « recommandations » sont adressées au Ministère de l’Education nationale et aux éditeurs pour « corriger les stéréotypes repérés et les prévenir ». Lorsque est évoquée aussi l’hypothèse d’une « formation » spécifique pour les enseignants, on voit poindre l’idée d’une « rééducation ». Quant aux éditeurs, la leçon est sans ambiguïté : il s’agit de ne pas oublier que la discrimination est un délit grave puni par la loi. La menace est claire !
    Que reproche au juste la HALDE aux manuels scolaires ?
    Citons quelques critiques : les hommes sont plus représentés que les femmes, et différemment. Par exemple, plus d’un homme sur quatre se trouvent en position supérieure. En Histoire, les femmes sont surtout figurées en « icônes », emblèmes, allégories, ou « femmes de », « mères de.. ». En littérature, moins de 10% de femmes sont citées parmi les auteurs.
    Pour ce qui est de l’image des étrangers, notamment du tiers-monde, on montre surtout la misère, le sous-développement, la faim. La « dévalorisation » vaut aussi pour les handicapés, les « seniors » etc., tandis qu’on fait l’impasse sur les « orientation sexuelles ».

    UNE NOUVELLE RELIGION TOTALITAIRE

    Que la réalité soit, et fut ce qu’elle est, ce qu’elle a toujours été, tragique, inconfortable, peut-être injuste, inégalitaire, que les acteurs de l’Histoire, les écrivains, et créateurs, aient surtout été des hommes, que la question de l’âge, de l’ « orientation sexuelle », du handicap n’ait été, somme toute, qu’un épiphénomène, à peine digne d’être pris en considération par rapport à l’essentiel, par rapport à la vérité historique, quoi de plus normal ? Faudrait-il reforger l’Histoire, la forcer, la tordre, mentir ?
    La HALDE est en passe de devenir l’instance ecclésiale qui détient en France la clé du salut. Sa voix définit la ligne directrice de cette religion qu’on appelle « correction politique », laquelle nous vient des Etats-Unis. Elle a ce ton sacerdotal qui tombe de haut, cette onction suave et menaçante qui rassérène certains et en inquiète d’autres, cet accent épiscopal qui insiste sur les choix et coupe net les dérives funestes. Derrière la rhétorique didactique gratouille déjà la titillation inquisitoriale.
    Bien sûr, il serait naïf de croire que les sociétés, les civilisations qui ont fleuri dans ce vaste champ de souffrance et de sang que constitue l’Histoire aient poussé l’objectivité scientifique jusqu’à prendre l’exacte mesure des réalités historiques qui excédaient leur imagination, leurs besoins, leurs fantasmes, ou tout simplement, qui n’entraient pas dans leur outillage conceptuel. Nous n’en sommes plus à l’heureuse époque du positivisme militant qui avançait naïvement qu’il suffisait d’amonceler un nombre suffisant de documents dûment pesés pour reconstituer une vision adéquate du passé. Les historiens savent que les réponses que nous octroie le Temps dépendent des questions qu’on lui pose, ces dernières relevant de ce que nous sommes.
    Ce qui ne signifie pas qu’on puisse dire n’importe quoi. Car la rationalité occidentale, quand bien même elle présenterait certaines déficiences, et des limites certaines, surtout si elle verse dans le plus stérilisant rationalisme, apparaît encore nécessaire, si l’on veut éviter les niaiseries les plus grotesques (comme de chercher parmi les écrivains 50 % de femmes ou d’homosexuels !), les anachronismes, et surtout cette solide véracité des faits, qui seule peut entraîner l’adhésion chez des esprits bien intentionnés. A condition bien entendu d’être honnête, d’abstraire l’essentiel de l’anecdote, de délimiter le champ de recherche, de s’appuyer sur des données objectives etc. Tout ce que la pensée européenne, depuis Platon et Aristote, a élaboré aboutit à cette rigueur qui tente d’abolir, ou du moins d’éloigner, les torsions que le sujet impose à la pensée et à la recherche.
    Il n’empêche que toute époque possède ses mythes. Michelet élabora, dans sa vaste enquête sur la France, celui du peuple. Les marxistes celui du prolétariat, avec ses martyrs, ses saints etc. Le scientisme eut ses héros, Archimède, Léonard, Montgolfier, Pasteur… Il s’agissait là de choix pour ainsi dire existentiels, car tout système socio-politique ne peut asseoir son être, combattre la déchéance mortelle que l’Histoire brandit comme une épée de Damoclès, espérer et prospérer, que si son imaginaire et son cœur sont nourris d’archétypes et de leitmotivs qui donnent un sens à la vie et à la mort.
    On poussera alors la complaisance, la tolérance, l’ouverture jusqu’à reconnaître dans les propositions de la HALDE l’expression légitime (dans un sens historique), motivée politiquement, d’une société donnée à un moment déterminé. Cette société, c’est la nôtre, ou plutôt, celle qui nous est imposée. Quel est son horizon, que représente-t-elle ? Quel est son mythe ?
    L’utopie actuelle exige un monde pacifié, un monde où les différenciations ne soient plus que de surface, ne concernent plus que des choix liés aux goûts ou, si la nature instille de trop fortes disparités, au sujet des origines, des forces de chacun, des accidents de la vie, que ces dissemblances soient gommées ou neutralisées, dédramatisées. Comme dans Le Meilleur des Mondes, d’Aldous Huxley, on voudrait instaurer une société propre, clean, consensuelle, heureuse et harmonieuse, positive, un univers étouffant, totalitaire, anesthésiant, d’où le Sauvage serait banni, la tragédie, la souffrance, la cruauté, et… l’humour.
    Ce monde existe, c’est celui de Disneyland. Big Brother arbore la gueule hilare d’une souris fraternelle et joviale.
    La solution est donc toute trouvée, qu’on ne manquera pas, dans un esprit responsable et citoyen, de proposer à la HALDE : il faut confier la « gouvernance » du monde aux studios Walt Disney !

  5. Saucourt

    Le 11 novembre 2008 à 15:36

    Oui, Oui, Oui à Walt Disney !
    Non, Non, Non à la Réalité !

  6. Anne

    Le 13 novembre 2008 à 23:02

    je suis bien d'accord, c'est malheureux cette halde

  7. PRO DEO ET PATRIA

    Le 14 novembre 2008 à 21:04

    HALDE au FEU !

    L'esprit français s'échauffe !!!

    IL est miniuit Dr SCHWEITZER, il est temps d'aller se coucher, car non content de nous sermonner, dorénavant vous commettez pire : Vous nous ennuyez !