Les conséquences de la crise

30 octobre 2008 | 8 commentaires

La crise économique aura des conséquences désastreuses sur la vie d'un certain nombres de nos concitoyens. Comme d'habitude ce sont les plus fragiles et les plus vulnérables qui vont faire les frais de l'irresponsabilité des banquiers et de l'incompétence de nos politiciens. En effet, des licenciements et des dépôts de bilan sont déjà annoncés et risquent malheureusement de se multiplier. L'avenir semble bien sombre et la récession peut légitimement faire naitre l'inquiétude. Chômage en hausse, pouvoir d'achat en baisse, plans de rigueur annoncé : l'hiver s'annonce rude. Pourtant il y a des raisons d'espérer, la crise a en effet quelques aspects positifs. 

L'idéologie néo-libérale que l'on subit depuis déjà quelques décennies est sérieusement remise en cause. Attali et ses compères n'ont eu de cesse d'affirmer que la modernité économique consistait en la suprématie des marchés boursiers et financiers au détriment du Politique et qu'il fallait absolument supprimer tous les obstacles à la libre circulation des capitaux et des marchandises. En somme, supprimer toute frontière. D'ailleurs ce processus a débuté dès 1944 avec les accords du Gatt et s'est amplifié avec la construction de l'Union Européenne. C'est à elle qu'on doit l'indépendance des banques centrales (Traité de Maastricht) qui fixent le volume et le montant des monnaies. Ce qui nous est préjudiciable dans les mauvais jours comme ceux que nous traversons actuellement. 

Sauf qu'à l'heure de la crise, nous assistons au grand retour de l'État avec nationalisation des banques en faillite et aides financières pour soutenir l'économie. Les libéraux qui n'ont cessé de cracher sur l'État apprécient maintenant que l'État vole au secours du système capitaliste. Espérons que cette crise serve de leçon et qu'enfin l'économie soit subordonnée au politique comme le souhaitait Maurras.

La crise a eu le mérite de réveiller les Etats qui commencent à prendre des mesures face aux dérives du capitalisme. En 1929 les banquiers, constatant leur échec, se jetaient par la fenêtre. En 2008 les banquiers ayant échoué à leur tache quittent leur poste avec de jolis parachutes dorés. Ainsi Richard Fuld, l'ancien patron de la banque Lehman Brothers qui a récemment fait faillite, a touché plus de 260 millions de dollars de rémunération entre 2004 et 2008. Martin Sullivan a quitté son poste en cumulant une prime de 5 millions de dollars et un parachute de 15 millions ! Rappelons qu'il était PDG de l'assureur AIG que l'Etat a renfloué à hauteur de 122 milliards de dollars.

Ces parachutes dorés finissent par choquer. Les États ont enfin décidé de réagir face à un capitalisme qui marche sur la tête. Les Allemands souhaitent plafonner les parachutes à hauteur de 500 000 euros, aux Pays-Bas ils ont choisi de surtaxer de 30% toute prime supérieure à 500 000 euros. Aux Etats-unis le plan Paulson interdit les parachutes dorés. En France on croit toujours au Père Noël. Nous devons nous contenter d'un code de bonne conduite inventée par le Medef... Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? Jean-Marie Messier aurait surement hésité à deux fois avant de prendre l'argent...

Nous savons bien que les crises font partie de la logique capitaliste, c'est pourquoi ce que nous sommes en train de vivre ne nous surprend pas. D'ailleurs cette crise avait été annoncée depuis longtemps par notre mouvance. Nous, royalistes et nationalistes, devons profiter de ces événements pour continuer à mettre en avant les aberrations du système et proposer la seule alternative tangible: la nôtre.

Jean Denime

8 commentaires pour "Les conséquences de la crise"

  1. Titou

    Le 30 octobre 2008 à 19:42

    Ce sont des effets cumulés comme celui-là ajoutés à le redite inlassable du message royaliste qui finiront par faire ouvrir les yeux de ce pays de veau, il faudra du temps, beaucoup de temps, de la volonté et de l'efficacité, les visionnaire sont souvent compris trés (trop?) tard.

    Notre dernier roi est mort pour rien, delà ou il est il est certain qu'il doit être fier de vous !

  2. whil-gui

    Le 30 octobre 2008 à 23:14

    Les conséquences néfastes de la mondialisation. une parmie tant d'autres. Et nos politiques qui semblent étonnées, affirmant ne rien comprendre la venue soudaine d'un si préoccupant problème... Les courants patriotes quelqu'ils soient ne l'avaient-ils pourtant pas présagés?... Ayons confiance, la temps sera long mais l'on parviendra un jour à "reconquérir" l'indépendance de notre pays, celle qui nous abritera des cataclysmes politico-financiers dont souffrent les nations qui ont crues au rêve européen.
    les minorités ont et feront toujours bouger les choses.

  3. pierre gilbert

    Le 31 octobre 2008 à 3:02

    Il y a urgence à réfléchir à ce que sera le monde après cette crise. N'oublions pas que ce krach financier est aussi la conséquence d'un affaiblissement, d'une perte de substance et de compétitivité de l'économie américaine par rapport aux puissances montantes (Chine, Russie, Inde, Brésil...). L'Amérique dominante a cherché à imposer son schéma économique, le capitalisme libéral, au reste du monde. Quel sera le schéma ou quels seront les schémas économiques du monde multipolaire qui vient ? Voilà un beau thème de travail pour les royalistes, pour peu qu'ils y viennent avec de la curiosité et de l'esprit critique et sans chercher à plaquer sur cette réalité (par définition) nouvelle les schémas du passé. Mais avant cela (ou parallèlement), il faut nous préoccuper des millions de salariés qui vont être fragilisés par cette crise, sans doute de façon durable. Comment un programme économique et social, d'inspiration nationaliste, peut-il répondre à leurs attentes immédiates. Nous ne pourrons pas éluder ces questions.

  4. Hébert

    Le 31 octobre 2008 à 12:17

    C'est sans aucun doute la Chine qui, en l'état actuel des choses, dans un marché mondial toujours laissé grand ouvert à tous les investissements d'où qu'ils viennent mais affaibli partout où l'on a trop spéculé, en sortira plus forte et poursuivra sa conquête économique en Occident à un rythme encore jamais vu jusque-là. Si des quotas très stricts ne sont pas établis dans les années qui viennent en ce qui concerne les biens importés (quotas de quantité tout d'abord, mais aussi quotas de qualité qui auront aussi un effet indirect sur les quantités acceptées) et les investissements étrangers présents en France, le pays sera submergé par la Chine d'abord et par tous ceux qui l'auront suivie dans cette brèche ensuite.

    Les mesures qui s'imposent dans notre situation sont simples. Il faut tout d'abord sortir de ce système de comparaison internationale de toutes les monnaies du monde, qui sont aujourd'hui mises sur un pied d'égalité et mesurées les unes par rapport aux autres dans un pur vide spéculatif dans les bourses au lieu d'être mesurées chacune pour leur valeur intrinsèque et d'être rattachées à quelque chose de tangible dans leur pays. Les monnaies d'aujourd'hui, totalement flottantes et qui ne sont définies que par la spéculation, sans rien de réellement tangible pour assurer leur valeur réelle, ne représentent ni la richesse d'un pays ni la valeur de ses forces vives et encore moins la qualité et donc l'estime réelle portée à sa production. "Pire", dans un tel système l'effet domino entraîne généralement toutes les monnaies et tous les pays dans les crises dès que l'un d'entre eux est en difficulté.

    Il nous faut donc imposer l'idée d'un parallélisme des monnaies, chacune évoluant de façon très indépendante des autres en fonction de la véritable situation de son pays et se basant chez nous à la fois sur l'or, le travail, ainsi qu'une valeur fixe (ou presque) définie pour le patrimoine légué par l'histoire du pays et les anciennes générations (principalement le patrimoine bâti historique, méprisé et laissé à l'abandon en France alors qu'il devrait être un étalon économique national et un socle inébranlable de prospérité). La seule spéculation admise serait celle de ce qui est vraiment inquantifiable, c'est-à-dire la valeur d'oeuvres d'art par exemple, mais d'une part elle serait encadrée, très limitée par rapport à l'ensemble de l'économie réelle et inscrite dans un cadre avant tout interne à la France et à sa monnaie, et d'autre part elle serait soumise à une valeur plancher réaliste et impossible à remettre en question (un tableau de maître est certes inquantifiable mais on ne va pas pour autant autoriser sa mise à prix à un franc au début de l'enchère, vous voyez ce que je veux dire).

    Les biens importés en France seraient drastiquement réduits, et dans certains secteurs même interdits : nous n'avons pas besoin dans notre pays de steak hachés australiens ni d'ail d'argentine, alors que nous en avons sous le nez chez nous en abondance, que nous avons tellement d'excédents que nous sommes le deuxième exportateur agricole mondial, et que la qualité de notre agriculture est immensément supérieure à celle des pays cités. Notre pays est autonome ou pourrait le devenir dans la plupart de ses besoins, et reconnaître simplement l'état de fait de cette autonomie supprimerait de facto la plupart des importations qui nuisent à l'économie et au travail français, sans avoir offensé les pays concernés pour autant (l'argument de "il ne faut pas froisser les pays étrangers" ne pourrait donc plus être avancé par quiconque voulant maintenir le système actuel). Le reste des importations indésirables serait traité avec tact mais fermeté, dans une position désormais de force pour la France, et non plus dans cette position de faiblesse et de dépendance affichées qui ressort actuellement à l'international et sape le pouvoir de nos volontés.

    Bien sûr, tout cela dans le contexte d'une monnaie nationale que nous appellerions, voyons voir, tiens, "le Franc" 8)

    Si nous basons notre économie nationale sur l'or, le travail des Français et le patrimoine tangible que nous avons édifié jusqu'ici dans l'histoire, l'économie française deviendra une forteresse imprenable et à nulle autre pareille.

    Imaginez seulement si l'on recensait le nombre d'heures passées à édifier une seule cathédrale -- sans même commencer à penser à sa valeur artistique et spirituelle -- et vous aurez une idée du genre de socle indéboulonnable qui seraît le nôtre si nous fondions aussi la valeur de notre économie sur le travail des générations qui nous ont précédées en plus de la fonder sur notre travail présent et sur l'or à notre disposition dans les caisses.

  5. pierre gilbert

    Le 1 novembre 2008 à 17:48

    Beaucoup d'idéesintéressantes et à travailler dans ce que vous dites (il faut sans doute distinguer les pistes vraiment opératoires - contrôle des importations et/ou rétablissement des tarifs douaniers, retour à un étalon commun des monnaies, lutte contre la spéculation... j'y rajouterai volontiers la notion de contrôle public fort des établissements bancaires et un contrôle politique effectif de la BCE - et celles qui relève... d'une certaine nostalgie - retour du franc, indexation sur le patrimoine (quelle mesure commune). Il faut sans doute aussi définir ce qui peut relever d'un niveau européen à construire (selon une logique de coopération entre nations volontaires et non plus de délégation à des institutions communautaires) et ce qui relève du national. Pourquoi ne lancez vous pas une réflexion structurée sur ces sujets (séminaires, tables rondes, sollicitations d'économistes proches, ou qui sait lancement d'une revue). La réflexion théorique sur l'économie et le social va à nouveau s'ouvrir dans les prochaines années... OProfitons en, armons nous et essayons d'avoir quelques longueurs d'avance.

  6. Hébert

    Le 1 novembre 2008 à 21:23

    Garder une monnaie internationale pour représenter des intérêts nationaux différenciés et parallèles me paraissait simplement peu réaliste et peu souhaitable ; cependant je vois à la lumière de vos propos l'intérêt de préserver des perspectives communes vivantes dans le cadre de libre coopération entre nations volontaires que vous décrivez.

    Une conférence prochaine sur le sujet est effectivement une excellente idée.

    L'Action Sociale Corporative aurait également sans doute son mot à dire sur la situation générale actuelle.

  7. Petites annonces

    Le 10 mars 2009 à 0:03

    tres interssant comme information merci beaucoup !

  8. good surf

    Le 22 octobre 2009 à 14:39

    Thanks very much good info