Le droit d'ingérence ou les habits neufs du colonialisme
29 octobre 2008 | 3 commentaires

Tout est dans le titre. Mais pour mieux comprendre, définissons précisément les termes. Nous prenons donc Le Robert qui nous aide dans cette tâche : "colonialisme : doctrine visant à légitimer l'occupation, la domination politique et l'exploitation économique de territoires par certains Etats". Puis, "ingérence : fait d'intervenir sans en avoir le droit".
Nous retiendrons du colonialisme le fait qu'il légitime l'occupation d'un territoire. Cependant, la conception de la colonisation de nos aïeux répondait à une logique plus profonde. Elle visait à apporter la civilisation aux indigènes à coloniser. Sans s'occuper de savoir s'il s'agit d'une bonne ou d'une mauvaise chose, passons maintenant au droit d'ingérence, terme inventé il y a une vingtaine d'années par Bernard Kouchner. Selon le dictionnaire, le droit d'ingérence serait le droit d'intervenir dans un pays sans en avoir le droit. Là encore, la visée d'une action de ce type est profonde. Sous un prétexte divers, on veut intervenir dans un pays pour améliorer une situation que l'on juge désastreuse.
C'est ici que la similitude devient frappante. Dans les deux cas, nous avons deux formes de pensée qui veulent intervenir dans un pays étranger pour y établir un modèle de fonctionnement qu'il juge idéal. Pour le colonialiste, il s'agit de (sa) la civilisation. Pour le partisan du droit d'ingérence, il s'agit de la démocratie.
Sans juger, ni le colonialisme, ni le droit d'ingérence, nous pouvons une fois de plus montrer l'hypocrisie de nos dirigeants qui condamnent ce qu'ils font eux-mêmes, en changeant les termes. Une preuve aussi qu'ils savent parfaitement contourner ce qui déplaît à la "masse", en privilégiant la forme au fond.



3 commentaires pour "Le droit d'ingérence ou les habits neufs du colonialisme"
LEPAGE
Le 30 octobre 2008 à 14:39
La logique tue
PiGé
Le 30 octobre 2008 à 15:37
joli parallèle
Saucourt
Le 8 novembre 2008 à 13:04
Magistral !