Hitler a été élu

28 octobre 2008 | 23 commentaires

On sait comme notre temps subversif est plein de ces joyeux anarchistes dont l’unique l’objet est de, partout, « créer le malaise », par haine conjuguée de la société et du conformisme. Alors chers lecteurs, laissez-moi vous donner un truc pour briser un repas de famille ou une soirée entre amis. Dîtes distinctement:
« Hitler a été élu démocratiquement. »
Ou plutôt ne lancez pas cela comme ça, presque par hasard; ne vous laissez pas prêter des arrières-pensées que vous n’avez-pas. Laissez la bêtise venir à vous. Laissez dire:
« Quand Hitler a-t-il réalisé son putsch/coup d’Etat ? »
ou moins ambigu (Hitler ayant effectivement foiré un putsch en 1923):
« Quand eurent lieu les élections truquées qui amenèrent Hitler au pouvoir ? »
Plus de doute possible, on parle bien ici de l’ascension au pouvoir du dictateur allemand en 1933.

 

J’en conviens, il faut un certain processus pour aboutir à ce sujet sulfureux, mais celui-ci arrive parfois naturellement, présent qu’il est dans les esprits, tant du fait de ses répercussions dans le siècle passé que de son intrumentalisation postérieure. Le nazisme en tant que tel occupe d’ailleurs toujours le débat politique en toile de fond, et le phénomène est assez répandu pour qu’on se soit trouvé forcé de lui donner un nom aux allures parascientifiques: « la loi de Godwin ». Mais laissons-là ces considérations théoriques et pourfendons l’ignorance, en chœur:
« Hitler a été élu démocratiquement. »

Alors risquez-vous comme jamais de ranimer ce chef-d’œuvre psychotique qu’est l’imaginaire de l’homo democraticus contemporain. La réaction peut prendre plusieurs formes; hystérique:
« Cela n’est pas convenable, je n’en peux ni n’en veux plus rien entendre, d’ailleurs je me bouche les oreilles. »; violente:
« Fasciste. »
Ou, ce qui est plus certain dans le siècle anémique qui est le nôtre:
Trou, blanc, vide, en un mot, SILENCE.
Le postulat est tabou. Et en effet, il met le démocrate moderne devant ses responsabilités: soit l’on est démocrate, soit l’on combat le moyen par lequel la forme la plus terrible du germanisme s’est imposée en Allemagne, et avec elle le plus dangereux des dictateurs européens du XXème siècle.

Reinelde Maes

23 commentaires pour "Hitler a été élu"

  1. J.-P. chauvin

    Le 28 octobre 2008 à 11:34

    En fait, Hitler a été appelé par le maréchal Hindenburg, président de la république allemande, sur le conseil de l'ancien chancelier Von Papen, au poste de chancelier d'Allemagne, le 31 janvier 1933, en application des règles démocratiques qui postulaient qu'il était en définitive normal que le chef du parti majoritaire soit désigné à ce poste dirigeant.
    Le plus significatif, me semble-t-il, est le référendum de 1935 en Sarre où, sous contrôle international, les électeurs sarrois ont voté à plus de 90 % pour le rattachement à l'Allemagne désormais complètement nazifiée et dans laquelle les libertés publiques, en particulier pour les Juifs, étaient désormais limitées : on ne peut pas dire que les Sarrois ne savaient pas !
    Bernanos avait raison de montrer les liens forts entre démocratie et totalitarisme : "les démocraties sont les mères des totalitarismes" dira-t-il à la Sorbonne en 1946.

  2. Charvet

    Le 28 octobre 2008 à 12:34

    et je crois qu'il concluait "j'emmerde la démocratie" :lol:

  3. Lucien

    Le 28 octobre 2008 à 21:40

    Il est trop facile de dire qu'il y a d'un côté la démocratie et le totalitarisme et de l'autre la monarchie. Le texte de Reinelde semble signifier que lutter contre le totalitarisme nécessite un combat contre la démocratie. Les choses sont bien plus complexes.

    Tout d'abord, le terme "démocratie" recouvre des réalités différentes. La démocratie représentative (ou indirecte) n'a quasiment rien à voir avec la démocratique participative (ou directe). La démocratie indirecte est mauvaise, et elle l'est d'autant plus que le territoire représenté par l'élu est grand. De plus, elle fonctionne sur le mode du "menu" : on sert la carte des candidats (et des programmes, s'il y en a) à l'électeur, et celui-ci n'a qu'à consommer. Ainsi, le citoyen n'est rien d'autre qu'un vulgaire consommateur. Au contraire, la démocratie directe responsabilise celui qui participe à la vie publique. Toutefois, une telle démocratie ne saurait être que locale et enracinée (les assemblées de village en Kabylie et la démocratie athénienne nous rappellent cette nécessité d'une identité commune des citoyens). Il faut donc dénoncer la démocratie représentative (et son corollaire : le parlementarisme).

    Maintenant, soulignons le fait que la démocratie n'est pas seul moyen d'instaurer un régime totalitaire. Elle est cependant impuissante quand il s'agit d'empêcher cette instauration. Pourquoi cela? Tout simplement parce que les totalitarismes fasciste et national-socialiste étaient soutenus par les milieux économiques. Or en démocratie, ne peut-être élu que celui qui a fait campagne, c'est-à-dire celui qui a des moyens financiers. La démocratie représentative étant une ploutocratie, elle peut tomber du côté du totalitarisme si les milieux financiers le décident. Je souligne qu'il est faux de croire qu'Hitler et Mussolini étaient soutenus par les populations (si vous n'êtes pas convaincus, ouvrez un livre d'histoire sérieux et regardez les résultats électoraux).

    Nous sommes toujours dans un système de ploutocratie répresentative, les risques de totalitarisme ne sont donc pas écartés. Si l'on commence à parler de l'élection d'Hitler, c'est pour montrer qu'aucune leçon n'a été tirée de cet évenement, et cela sans tomber dans la condamnation bête et méchante de la "démocratie". Soyons précis sur les mots.

    Autre point que l'on peut souligner, mais qui n'a rien à voir avec les élections, est le conformisme qui naît de la démocratie et du totalitarisme. Ces deux formes de régimes sont fondées sur des dogmes. La remise en question des principes fondateurs n'y existe pas. Dans les deux cas, les grandes vérités sont imposées et après il s'agit d'aller toujours plus loin sur le chemin tracé (toujours plus d'égalité d'un côté, toujours moins de juifs de l'autre, je simplifie mais vous voyez l'idée).

    Au conformisme il nous faut ajouter le rôle du peuple (ou des masses). En régime démocratique il fonde la légitimité, et dans les totalitarismes la quantité fonde la puissance (mais les usages du peuple sont très nombreux). Je simplifie beaucoup car il faudrait en fait distinguer peuple (communauté mais aussi base sur laquelle se construit l'édifice politique et social) et masse (notion qui renvoit à l'idée de quantité, d'indifférenciation, etc.).

    Pour résumer notre combat pour la France et la monarchie implique une lutte contre la ploutocratie représentative, mais aussi contre le conformisme et contre les masses (la notion de peuple restant trop complexe pour que l'on étudie la question ici). Il semblerait alors qu'il faille condamner la démocratie directe comme facteur de conformisme. De plus il faudrait se pencher sur les notions d'aristocratie, d'élite et de méritocratie et voir comment elles s'articulent avec la monarchie et la démocratie directe.

  4. Fiodor Soloviev

    Le 28 octobre 2008 à 22:38

    Et je me permets d'ajouter que le totalitarisme n'est pas le seul apanage de la démocratie.
    Même si c'est vrai que dans le monde moderne, les sociétés dites démocratiques sont toutes des sociétés de consommation totalitaire, je ne vois pas pourquoi le risque du totalitarisme serait aujourd'hui absent dans une monarchie héréditaire.
    Je prends comme exemple l'une des dernières autocraties européennes : Nicolas II Gottorp-Holstein alias Romanov. Lorsqu'en 1913 fut organisé à Petrograd un immense hommage au Tsar de toutes les Russies, les différences que l'on aurait pu relever avec les images qu'on a habituellement des masses soutenant le NSDAP sont pour le moins minimes.
    De plus, la création d'une police politique type TchéKa-KGB date également de la période tsariste.
    Je tends donc à supposer que le totalitarisme n'est pas un phénomène exclusivement démocratique, mais bien un symptôme de ce qu'on entend par "la barbarie du monde moderne".

  5. Reinelde Maes

    Le 29 octobre 2008 à 18:18

    1) D'accord avec ces réflexions. Mais quand on parle de "démocratie", on fait toujours allusion au régime actuel de démocratie indirecte, et certainement pas à la démocratie directe à faire revivre dans nos provinces. On nous permettra donc de continuer à ressasser le mal démocratique, pour des soucis de compréhension (vous reconnaissez vous-mêmes devoir simplifier beaucoup), quitte à revenir sur la notion par la suite.

    2) Les Russes ont leurs moeurs propres. Nous ne voulons pas d'une monarchie à la russe.

  6. jean de bernonville

    Le 30 octobre 2008 à 2:21

    Je rappellerai volontiers à Lucien que c'est la Restauration et la Monarchie de Juillet qui ont introduit et organisé le système parlementaire en France (selon le schéma classique anglais, qui n'avait rien à voir avec les régimes d'assemblée de la 1ère République). Qu'on le veuille ou non, si la monarchie est rétablie un jour dans ce pays, ce sera sous la forme d'un régime parlementaire, c'est à dire d'une démocratie participative. Ce que les royalistes contestent, ce n'est pas tant le régime parlementaire (ça n'aurait aucun sens) que la toute puissance parlementaire et la défaillance de l'exécutif à l'oeuvre sous la IIIe et la IVe République, auxquelles la Constitution gaullienne de 58 a temporairement pallié. Et c'est aussi le jacobinisme, c'est à dire l'absence de corps intermédiaires et de communautés territoriales en prises directes avec le citoyen.

  7. lucien lacour

    Le 30 octobre 2008 à 2:27

    Quant à Hitler, je ne vois pas bien ce qu'il amène à la démonstration. Sauf à considérer qu'en supprimant les élections et la démocratie, on élimine tout risque de fascisme ou de dictature aveugle (ce que l'on a bien vu en Espagne, sous Franco, et au Portugal, sous Salazar !!! Ces merveilleux modèles qu'on peut certainement proposer en appui de nos thèses ! Succès assuré!)

  8. jean de bernonville

    Le 30 octobre 2008 à 2:30

    Je voulais dire - mais vous aurez rétabli - " Qu’on le veuille ou non, si la monarchie est rétablie un jour dans ce pays, ce sera sous la forme d’un régime parlementaire, c’est à dire d’une démocratie représentative." (et non pas participative)

  9. Reinelde Maes

    Le 30 octobre 2008 à 8:19

    Nous ne le voulons pas. Nous contestons le parlementarisme en ce qu'il accorde à la chambre représentative un pouvoir législatif qui dénude le pouvoir royal et lui fait perdre toute cohérence d'action. Que le roi soit conseillé, c'est légitime; qu'il soit enchaîné, ça ne l'est plus. Votre république couronnée ne vaut rien.

    De plus, la démocratie est indissociable du centralisme. Une "volonté générale" issue du peuple ou de la nation ne saurait être entravée par/s'accomoder de corps intermédiaires. De là vient la propension républicaine à la tyrannie. D'ailleurs, les césarismes auxquels vous faîtes référence (Franco, Salazar, Hitler, Mussolini) ont toujours suivi des régimes parlementaires, non? Ca devrait montrer efficacement comme ceux-ci sont impuissants à prévenir les dérives totalitaires. Quant à la monarchie traditionnelle française, encore une fois, nous avons l'Histoire pour nous.

    Je vais me répéter, mais les "lucien lacour", "jean de bernonville", "octave de barral"... sont autorisés à débattre sous un seul et même pseudo, pour autant qu'ils sont une seule et même personne. Ainsi soit-il.

  10. Dimitri Julien

    Le 30 octobre 2008 à 16:35

    Lucien Lacour, vous dites : "Quant à Hitler, je ne vois pas bien ce qu’il amène à la démonstration. Sauf à considérer qu’en supprimant les élections et la démocratie, on élimine tout risque de fascisme ou de dictature aveugle".

    Pour ma part, je ne crois en effet pas que ce soit le cas. La démocratie n'est en effet pas seule à pouvoir amener totalitarisme ou dictature. Je pense toutefois qu'il convient de préciser que la démocratie n'est pas le remède qui pourra nous détourner de ces maux, et que dictature et démocratie peuvent tout à fait être liées, et même s'entraider.

    Il faut donc combattre les démocrates qui affirmeront que "la démocratie, c'est la paix", ou le bien-être, etc...

  11. lucien lacour

    Le 30 octobre 2008 à 19:41

    Monsieur Maes, non seulement vous avez des réflexes de policier (qui se cache derrière tel ou tel pseudo?) mais vous ne répondez pas aux arguments et vous répétez à foison votre "petit maurrassisme pour les nuls" ! Louis XVIII, Charles X et Louis Philippe ont ils introduit le parlementarisme ? Le Comte de Chambord a t'il voulu jamais l'abolir ? Et le Duc de Guise ou le Comte de Paris, qu'en pensaient-t-ils? Je vous renvoie à leurs écrits à tous.
    Arrêtez de proner un royalisme "hors sol", hors de l'histoire, qui n'a jamais existé, ce qui n'a pour conséquence que de discréditer la cause que vous prétendez servir.

  12. Reinelde Maes

    Le 31 octobre 2008 à 9:15

    OK. Charles X et Louis Philippe n'ont-ils pas été renversés malgré (ou plutôt à cause de) la corruption libérale ? Le Comte de Chambord, le Duc de Guise, le Comte de Paris ont-ils jamais pu reprendre le pouvoir malgré leur parlementarisme ? Merveilleux exemples de réussites, vous m'avez convaincu !
    Quant à mes réflexes, il m'a semblé utile de repréciser que lucien lacour ne parlait que pour lui-même, illustre inconnu de la toile, et que quinze identités différentes ne lui donnent pas quinze fois raison. C'est une question d'honnêteté et de prévention médicale.
    "pour les nuls", je m'adapte à l'auditoire.

  13. F. Traum

    Le 31 octobre 2008 à 19:43

    Franco est le seul chef d'Etat moderne qui a réussi à abolir le cheminement depuis 1789 (alors que Mussolini, Hitler, Staline n'ont fait que continuer le cheminement en question à l'extrême).S
    Salazar était maurrassien.
    Ne mélangeons pas tout ou alors réouvrons un livre d'histoire... (non républicaine, évidemment).

  14. lucien lacour

    Le 1 novembre 2008 à 17:53

    C'est, effectivement la seule expérience politique d'inspiration maurrassienne
    (Salazar n'était pas exclusivement maurrassien, mais il était lecture et admirateur de Maurras) et il n'y a pas vraiment lieu de s'en féliciter.

  15. F. Traum

    Le 2 novembre 2008 à 12:45

    vous êtes anarchiste ?

  16. J.-P. chauvin

    Le 2 novembre 2008 à 13:49

    D'accord avec Lucien Lacour sur Salazar qui était un républicain autoritaire qui s'est servi du maurrassisme sans en conclure à la Monarchie, et qui n'a eu de cesse de gêner les monarchistes, à tel point que, dans les premières heures de la révolution des oeillets, certains pensaient qu'il s'agissait d'un coup d'Etat des partisans de Dom Duarte...
    Pour connaître l'histoire des royalistes portugais, lire le numéro très intéressant sur les monarchistes du Portugal au XXe siècle publié par la revue d'histoire des royalismes "Lys rouge" (cf site sur Toile).

  17. Lucien

    Le 2 novembre 2008 à 21:49

    Quelques mots à propos du parlementarisme: n'oublions pas que ce qui importe c'est l'esprit et non la forme du gouvernement (sauf pour certains points, en particulier la continuité, qui ne peut être garantie que par un roi, ce qui ne veut pas dire que le roi assure obligatoirement la continuité, il n'est qu'une condition nécessaire). L'idée d'un parlement n'est pas à exclure: si je me fie à l'Enquête sur la monarchie, le comte de Paris estimait qu'il fallait un parlement chargé de voter le budget mais dont les pouvoirs n'auraient pas été plus étendus que cela.
    Je tiens aussi à préciser que la défense du principe monarchique nous est dictée par les leçons que nous tirons de l'histoire de France, mais cela ne signifie pas qu'il faille faire l'apologie de la monarchie française dans son ensemble.

  18. Reinelde Maes

    Le 3 novembre 2008 à 0:14

    Bien d'accord, ouaip !

  19. lucien lacour

    Le 3 novembre 2008 à 1:48

    Il ne s'agit évidemment pas de faire l'apologie de 1000 ans d'histoire capétienne, mais de n'ignorer aucune expérience, surtout - s'agissant de la Restauration et la Monarchie de Juillet - lorsqu'elles ont apporté beaucoup au pays (rétablissement de la France dans ses frontières, prospérité retrouvée, diplomatie active, promotion des élites et qualité des institutions). La première leçon à tirer de cette histoire, c'est l'extraordinaire souplesse et capacité d'adaptation de la monarchie à toutes sortes de contexte. Elle a su s'adapter à la France du 19ème siècle qui demandait à la fois la liberté et l'ordre, d'où la monarchie parlementaire. C'est cette expérience là, la plus proche de nous et la plus cohérente avec ce que sont aujourd'hui les monarchies européennes, qu'il faut mettre en avant si l'on veut être entendu et compris. En la mâtinant sans doute un peu du meilleur de l'expérience gaulliste et du meilleur de l'expérience espagnol. Et en insistant aussi sur le fait que faire la monarchie, c'est rendre possible la décentralisation et la "démocratie participative", sans rompre l'unité nationale.

  20. Adrian Koyper

    Le 3 novembre 2008 à 9:28

    ah...Les charmes de la souveraineté de l'intelligence ! du suffrage capacitaire ! Du laissez-faire généralisé...Au secours ! Balzac ! Stendhal ! Ils sont devenus fous ! Dites-moi qu'on est pas en train de tresser des couronnes de lauriers au libéralisme bourgeois du 19eme siècle ? Quelle participation ? quelle décentralisation ? Le libéralisme doctrinaire est une pensée entièrement dirigée et contre la démocratisation du pays, et contre la légitimité d'Ancien régime (c'est tout le pouvoir aux notables, rien pour les autres !). Le régime parlementaire, ou plutôt le gouvernement de la classe discutante, pour paraphraser Schmitt, s'est effondré par son incapacité à répondre politiquement aux menaces révolutionnaires qui menaçaient le pays à la fin du 19e (pourquoi les Napoléons III et les Bismarck ont succédé sans problème ax tenants inconsistants du juste milieu ?). Donc aucun rapport avec le gaullisme, ni d'ailleurs avec la monarchie que nous appelons de nos voeux (Dieu soit loué ! Plutôt Bainville et Veuillot que Guizot, Royer Collard et Victor Cousin !). Avec la monarchie en carton pâte espagnole, peut-être. Je ne sais pas, ce qui nous intéresse, c'est ce que la monarchie peut apporter à la France, pas de couronner la démocratie.

  21. lucien lacour

    Le 6 novembre 2008 à 1:19

    Ma réponse d'hier à M. Koyper a été (une fois de plus) censurée. Etait-ce parce que j'avais le mauvais gout de rappeler que Carl Schmitt était un penseur nazi ? Ou parce que je traitais le flot d'arguments de M. Koyper de "salmigondis idéologique", fruit d'un maurrassisme mal digéré ?

  22. Reinelde Maes

    Le 6 novembre 2008 à 8:37

    Ou bien parce que la discourtoisie ajoute chez vous à une insupportable propension à la schizophrénie. En outre, vous avez le droit d'argumenter vos sentences aussi péremptoires que pédantes.

  23. lucien lacour

    Le 8 novembre 2008 à 17:26

    Si vous voulez vraiment des échanges d'arguments ou de faits (ce qui est mieux), encore faut-il ne pas censurer les réponses. Je persiste et signe en disant que la réponse de M. Koyper n'a ni queue, ni tête ! En particulier, lorsqu'il invoque contre ce qu'il semble appeler "la monarchie bourgeoise" pèle mêle Stendhal et Balzac! Stendhal, immense écrivain, fut un esprit assez faible en politique: républicain, infatué de Bonaparte, romantique jusqu'au bout des ongles, il haïssait aussi bien les Bourbons aînés que Louis Philippe. Balzac, ce n'est pas du tout la même chose : royaliste de coeur et de raison, il n'avait rien mais vraiment rien contre la forme parlementaire de la monarchie de l'époque. Quant à Bainville, si l'on veut bien se donner la peine de le lire, et d'abord dans ses livres les plus connus comme "l'Histoire de France", il ne tarie pas d'éloge sur les gouvernements de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, reconstructeurs de la France et Guizot était pour lui un grand homme. Son seul regret , c'est, au contraire, que la monarchie parlementaire de cette époque ne se soit pas davantage appuyée sur le suffrage universel pour consolider son oeuvre intérieure et extérieure (selon Bainville, le peuple aurait sans doute défendu la paix et l'ordre apportés par les gouvernements de la restauration). Aujourd'hui, Bainville serait sans doute un fervent adepte de cette "démocratie couronnée" que vous semblez haïr et qui est pourtant le régime auquel aspirent un grand nombre de Français (la constitution de 1958 en étant en quelque sorte l'antichambre). C'est pourquoi je trouve paradoxale que des royalistes rejettent une forme de gouvernement, dont nos rois furent les inventeurs et qui plait aux Français, et défendent dans le même temps des visions de la monarchie qui n'ont jamais existé ou des expériences repoussoirs, comme le franquisme ou le salazarisme. Ce qui finit par produire des rêveurs ou des fascistes, ou les deux comme ce pauvre Brasillach, mais en aucune façon les "bons esprits politiques" que Maurras et Bainville appellaient de leurs vœux.
    Voilà ce que je répondais en substance à M. Koyper, en essayant autant qu'il est possible de répondre à ses exclamations !! Quant à Carl Schmitt, je persiste et signe également en rappelant qu'il fut, comme disait Daudet, un "hitlérien fanatique" et que toute son oeuvre, sous couvert d'antilibéralisme, n'est qu'une apologie insidieuse des pensées germaniques les plus obtus. Quelle référence!