31 octobre 2008
"Il est une fête qui remonte à la nuit des temps, à cette époque où le monde ne subissait pas encore le joug de la monstrueuse Eglise Catholique annihilatrice de toutes les jouissances terriennes et que l'on nomme Halloween... Cette cérémonie, dit-on, a une origine Celte, et fut importée sur le sol américain par on [...]

"Il est une fête qui remonte à la nuit des temps, à cette époque où le monde ne subissait pas encore le joug de la monstrueuse Eglise Catholique annihilatrice de toutes les jouissances terriennes et que l'on nomme Halloween... Cette cérémonie, dit-on, a une origine Celte, et fut importée sur le sol américain par on ne sait quelle population nostalgique des temps où Vercintérorix et ses compagnons arboraient leurs maisons de citrouilles et attendaient que de petits enfants chevelus ne viennent scander un "Trich' Oar Triks" devant la demeure pour leur donner quelques doigts tranchés d'ennemis vaincus (c'était la friandise de l'époque). Au temps immémoriaux, l'origine de cette fête, les guerriers de Thor arpentaient les boutiques affriolées de mille tapisseries orange et noire avant de rentrer chez eux, après un passage à la taverne afin de profiter de "Lappy O'ùr" (à la terrasse d'un "Hin'Diana", par exemple). Ils fêtaient dignement en famille les prémisses de l'hiver et, contemplant la flamme d'une lanterne fourrée dans leur potiron, pensaient à leur mort en jouant de la corne...
Ou alors, Halloween n'est qu'une fête américaine que l'on cherche à répandre sur le Vieux Continent; pardonnez à votre narrateur, il nage entre les fantasmes du Monde et sa raison...
Voulez-vous savoir pourquoi on tient tant à nous faire participer à ces réjouissances d'Outre Atlantique, et pourquoi on les promeut avec plus de virulence qu'un Thanksgiving ou que tout autre cérémoniel laïco-religieux ? Non, ce ne sont pas que des motifs commerciaux; c'est qu'Halloween, c'est la plus belle conquête américaine de l'Europe, la plus belle forme d'inculturation de l'inculture libéralo-protestante, en tant qu'elle met à bas les trois forces en opposition au capitalisme présentes sur notre sol: l'Eglise, le Nationalisme le Communisme. L'Eglise, parce qu'on parodie la Toussaint et qu'on la fait sombrer dans la pitrerie la plus triviale qui soit, réinculquant la névrose dionysiaque au sein des populations (ne priez pas les morts, fêtez LA Mort, c'est bien plus amusant !); le Nationalisme parce que, quoi qu'en disent nos petits jacobins, le calendrier chrétien est le seul qui convienne à la France, et qu'au-delà de la cérémonie religieuse, la Toussaint est une institution politique où tout un chacun est invité à se recueillir en famille sur ses propres morts, et penser à ce noeud sub-politique qui le forme et le renforce, intérieurement à la conscience nationale; enfin, le Communisme car, quoi qu'en dise, Halloween est une fête américaine, non pas de cette Amérique que l'on est en mesure de comprendre et d'accepter, mais de ce concept d'Empire financier qui s'est éloigné de l'Europe afin de vivre tranquillement le délire de rassembler la planète sous l'Argent-Dieu au nom d'on ne sait quel Christ, qui avait pourtant défendu l'association de l'un et l'autre.
Le génie de cette Amérique-là, c'est de parvenir avec patience à faire tomber les frontières de la conscience sociale en promulgant de faux rites contre lesquels leurs ennemis ne peuvent rien car, forts de leur identité, se contestent les uns les autres sans hypocrisie, et sont poussés toujours plus par le Dragon à s'opposer.
"E Pluribus Unum", telle est la devise du Novus Ordo Seclorum; Halloween nous délivre la bonne traduction. Quand on croyait qu'elle signifiait un rassemblement, on finit par comprendre qu'elle ne vise, peut-être, qu'à "diviser pour mieux régner".
J'irai demain prier les morts de l'Amérique pour qu'ils intercèdent en faveur de ce souhait: qu'un jour, l'Europe rétablie dans ses droits et ses fondements, importe sur leur sol la vraie fête qui annihilera cette parodie, et permettra peut-être à cette bonne vieille Amérique de s'affranchir de la catastrophe à laquelle elle nous voue."
Nils Leroy
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31 octobre 2008
Le contractualisme est une pensée politique majeure qui a fondé notre modernité, présent à la fois chez Thomas Hobbes, John Locke, Jean-Jacques Rousseau et Emmanuel Kant... et que l'on peut déjà trouver dans l'Antiquité, chez le philosophe Epicure qui est probablement à la source du contrat social. Ses Maximes capitales nous éclairent à ce sujet, [...]

Le contractualisme est une pensée politique majeure qui a fondé notre modernité, présent à la fois chez Thomas Hobbes, John Locke, Jean-Jacques Rousseau et Emmanuel Kant... et que l'on peut déjà trouver dans l'Antiquité, chez le philosophe Epicure qui est probablement à la source du contrat social. Ses Maximes capitales nous éclairent à ce sujet, notamment les maximes XXXI à XXXIV qui sembleront familières aux lecteurs des contractualistes modernes.
Epicure pense qu'il n'y a ni injustice ni justice en soi, ni bien ni mal dans l'état de nature, et que ces notions n'apparaissent que relativement au contrat passé entre les individus. Le contrat est donc ce qui fabrique une règle commune à tous, et c'est ainsi que le célèbre Jardin épicurien fonctionnait. Avant ce contrat existe un état de nature dans lequel il y a un droit naturel qui nous fait reconnaître de facto ce qui est utile pour ne pas se faire de tort mutuellement. L'on retrouve ici, comme le dit Jean-Marie Guyau dans La Morale d'Épicure et ses rapports avec les doctrines contemporaine, la source de l'utilitarisme du XIXème siècle qu'on retrouve chez John Stuart Mill ou encore Jeremy Bentham. Philosophe qui préfère la phusis (nature) au nomos (culture), Epicure pense que « le sage ne doit pas faire de politique »*. Il s'engage de plus dans le matérialisme abdéritain, et pense ainsi que le monde est entièrement fait d'une infinité d'atomes dans l'infinité du vide, y compris les dieux.
L'on retrouve chez ce philosophe un ensemble d'éléments qui ont façonné notre monde moderne et que l'on retrouvera notamment chez les révolutionnaires. Les discussions sur le contractualisme, l'atomisme, les rapports entre nature et culture... sont au centre de ce que devrait être la vie politique. Celle-ci nécessite en effet une vision globale de ce qu'est l'homme pour fonder sa légitimité, et c'est à nous de poursuivre ces débats qui durent depuis plus de deux millénaires : reconquérir l'espace de la pensée, convaincre et argumenter pour retrouver une politique en conformité avec ce qu'est l'homme ; révolutionnaires et contre-révolutionnaires, c'est une entière vision du monde qui les oppose.
*D'après Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres, X.
Dimitri Julien
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31 octobre 2008
C’est dit ! Les petits Anglais coincés dans les écoles publiques du pays sauront bientôt tout de « leur corps », de celui du sexe opposé et de la machinerie biologique conduisant à la venue du petit frère. Déjà soumis comme leurs voisins du continent à une imagerie de la pire espèce, indigne et dégradante pour l’être [...]
C’est dit ! Les petits Anglais coincés dans les écoles publiques du pays sauront bientôt tout de « leur corps », de celui du sexe opposé et de la machinerie biologique conduisant à la venue du petit frère. Déjà soumis comme leurs voisins du continent à une imagerie de la pire espèce, indigne et dégradante pour l’être humain, gageons qu’ils n’auront plus rien à apprendre de leurs instits hormis que ceux-ci les soutiennent dans leur parcours fléché. L’assurance conférée par l’autorité professorale étant encore ce qu’elle est, il faudra bien songer à dépénaliser les « expériences » commises par les plus mûrs d’entre eux en milieu scolaire, qui s’annoncent nombreuses et pleines de fraîcheur.
L’occasion pour l’Etat, donc, de s’approprier un pan supplémentaire de la responsabilité des familles, lesquelles sont trop heureuses de se désengager. Et en effet, s’il s’agit d’expliquer à son gosse, sous couvert de transparence, le pourquoi du comment il va devoir baiser, mieux vaut la boucler et refiler le bébé aux institutions compétentes. Ne soyons pas si sûrs cependant qu’elles sauront mieux que quiconque les initier à ces mystères, et que « la perte des complexes » conjuguée à « l’abandon des tabous » fera d’eux des hommes libres et sains d’esprit : le gouvernement n’a pas encore ce vice de vouloir créer spontanément les conditions de sa remise en cause et le sexe sans l’Amour est la pire des servitudes.
Reinelde Maes
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30 octobre 2008
La crise économique aura des conséquences désastreuses sur la vie d'un certain nombres de nos concitoyens. Comme d'habitude ce sont les plus fragiles et les plus vulnérables qui vont faire les frais de l'irresponsabilité des banquiers et de l'incompétence de nos politiciens. En effet, des licenciements et des dépôts de bilan sont déjà annoncés et [...]

La crise économique aura des conséquences désastreuses sur la vie d'un certain nombres de nos concitoyens. Comme d'habitude ce sont les plus fragiles et les plus vulnérables qui vont faire les frais de l'irresponsabilité des banquiers et de l'incompétence de nos politiciens. En effet, des licenciements et des dépôts de bilan sont déjà annoncés et risquent malheureusement de se multiplier. L'avenir semble bien sombre et la récession peut légitimement faire naitre l'inquiétude. Chômage en hausse, pouvoir d'achat en baisse, plans de rigueur annoncé : l'hiver s'annonce rude. Pourtant il y a des raisons d'espérer, la crise a en effet quelques aspects positifs.
L'idéologie néo-libérale que l'on subit depuis déjà quelques décennies est sérieusement remise en cause. Attali et ses compères n'ont eu de cesse d'affirmer que la modernité économique consistait en la suprématie des marchés boursiers et financiers au détriment du Politique et qu'il fallait absolument supprimer tous les obstacles à la libre circulation des capitaux et des marchandises. En somme, supprimer toute frontière. D'ailleurs ce processus a débuté dès 1944 avec les accords du Gatt et s'est amplifié avec la construction de l'Union Européenne. C'est à elle qu'on doit l'indépendance des banques centrales (Traité de Maastricht) qui fixent le volume et le montant des monnaies. Ce qui nous est préjudiciable dans les mauvais jours comme ceux que nous traversons actuellement.
Sauf qu'à l'heure de la crise, nous assistons au grand retour de l'État avec nationalisation des banques en faillite et aides financières pour soutenir l'économie. Les libéraux qui n'ont cessé de cracher sur l'État apprécient maintenant que l'État vole au secours du système capitaliste. Espérons que cette crise serve de leçon et qu'enfin l'économie soit subordonnée au politique comme le souhaitait Maurras.
La crise a eu le mérite de réveiller les Etats qui commencent à prendre des mesures face aux dérives du capitalisme. En 1929 les banquiers, constatant leur échec, se jetaient par la fenêtre. En 2008 les banquiers ayant échoué à leur tache quittent leur poste avec de jolis parachutes dorés. Ainsi Richard Fuld, l'ancien patron de la banque Lehman Brothers qui a récemment fait faillite, a touché plus de 260 millions de dollars de rémunération entre 2004 et 2008. Martin Sullivan a quitté son poste en cumulant une prime de 5 millions de dollars et un parachute de 15 millions ! Rappelons qu'il était PDG de l'assureur AIG que l'Etat a renfloué à hauteur de 122 milliards de dollars.
Ces parachutes dorés finissent par choquer. Les États ont enfin décidé de réagir face à un capitalisme qui marche sur la tête. Les Allemands souhaitent plafonner les parachutes à hauteur de 500 000 euros, aux Pays-Bas ils ont choisi de surtaxer de 30% toute prime supérieure à 500 000 euros. Aux Etats-unis le plan Paulson interdit les parachutes dorés. En France on croit toujours au Père Noël. Nous devons nous contenter d'un code de bonne conduite inventée par le Medef... Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? Jean-Marie Messier aurait surement hésité à deux fois avant de prendre l'argent...
Nous savons bien que les crises font partie de la logique capitaliste, c'est pourquoi ce que nous sommes en train de vivre ne nous surprend pas. D'ailleurs cette crise avait été annoncée depuis longtemps par notre mouvance. Nous, royalistes et nationalistes, devons profiter de ces événements pour continuer à mettre en avant les aberrations du système et proposer la seule alternative tangible: la nôtre.
Jean Denime
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30 octobre 2008
Anarchiste et admirateur de Daudet, Octave Mirbeau a écrit ces mots plein de sens dans un Figaro il y a 120 ans pour sa fameuse "Grève des électeurs" : « Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune [...]
Anarchiste et admirateur de Daudet, Octave Mirbeau a écrit ces mots plein de sens dans un Figaro il y a 120 ans pour sa fameuse "Grève des électeurs" :
« Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est d’ailleurs pas en son pouvoir de te donner. [...] Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit. »
Plus que jamais d’actualité, cette réflexion quant à la duperie démocratique ne doit toutefois pas englober les scrutins locaux: pondérés par la proximité et le caractère concret des enjeux concernés, ils sont non seulement valables mais encore légitimes.
L'intégralité du texte à cette adresse.
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29 octobre 2008
…pour reprendre les saillies du journalisme décadent réduit au simple rapport de données embelli d'un titrage à résonance publicitaire. L'élève a menti ; nous répugnons à faire le commentaire d'un « fait-dit-divers », dont nous connaissons la frauduleuse utilité naissant avec la presse elle-même, consistant à se servir des plus salaces anecdotes pour diriger les [...]
…pour reprendre les saillies du journalisme décadent réduit au simple rapport de données embelli d'un titrage à résonance publicitaire. L'élève a menti ; nous répugnons à faire le commentaire d'un « fait-dit-divers », dont nous connaissons la frauduleuse utilité naissant avec la presse elle-même, consistant à se servir des plus salaces anecdotes pour diriger les gens vers une conscience tronquée du genre humain. Jouant sur la délectation malsaine de l'être qui, déparé du moindre élan de dignité, trouve jouissance dans le fait de s'arrêter dans la rue afin de contempler tel cadavre, la « presse » a depuis son apparition trouvé le fabuleux moyen d'accroître son économie en mettant en exergue des faits dits « divers », entendez vulgarisés, afin d'alimenter les conversations pochetronnnes et insipides des populations démocratisées, entendez investies d'un pouvoir politique qui les dépassent, entendez aussi : déparées du moindre élan d'héroïsme.
Car on pourra toujours contester les contestations antidémocratiques, il en est une parmi les autres qu'on ne saurait rejeter indument, c'est l'observation « par les fruits » de l'aspect réducteur d'un tel régime sur le plan humain, à savoir que trois siècles de décadence politique ont été simultanément moteur d'un déclin intellectuel : inscrites dans un soi-disant fondement qui se veut la défense et la promotion du miracle de la Personne Humaine, on a jamais autant vu d'intelligences se fonder paradoxalement sur l'apologie du bétail et de la masse.
Et la presse née avec la Révolution Française a souvent été l'élément promotionnel d'une telle décomposition de l'Unité. Non en raison d'un vice qui lui serait consubstantiel mais parce qu'en fait, elle n'est qu'un pouvoir : usitée par le bon, elle est bonne ; accaparée par le mauvais, elle est à l'image d'une arme posée dans les mains d'un enfant instable. L'homme averti lit la presse avec confiance, mais l'assimile avec défiance. Ce que l'on nous « rapporte » ne peut jamais avoir un semblant de valeur par rapport à la Réalité ; et le « fait-divers » , plus que tout autre rapporté, doit être « lu » avec une prudence infinie. D'abord, en raison de cette réalité élémentaire : le fait divers n'existe pas. Mais les journalistes s'entêtent, persistent et signent : pour eux, le fait-divers est une réalité que nous tenterons de comprendre à travers l'observation de ce qu'ils entendent par cette appellation ; à le lire, on pourrait en donner la définition suivante : rapport d'actualité fondé sur un élément juridique et biographique, tendant à démontrer par une situation individuelle le bien-fondé moral du système social. Tel homme tue sa femme sous l'effet de l'alcool, tel lecteur devra comprendre que le message induit du « rapporteur » est : l'alcool est source de vice, si tu daignes considérer que tuer sa femme est une mauvaise chose. C'est ce présupposé moral qui force le journaliste à la langue de bois dans ses rapports quand, par exemple, un jeune issu de l'immigration agresse une personne dans la rue : le journaliste doit se contenter de dire "jeune"; s'il ajoutait "issu de l'immigration", le fait-divers entretiendrait une vision contraire à la morale sociale, pour laquelle l'immigration n'est absolument pas la cause de problèmes liés à la criminalité.
Fondé sur cette dialectique, le plaisir de rapporter certaines « histoires » dépasse le simple exercice tel qu'on l'a défini : l'affaire Courgeau démontre les intentions ultimes du fait-divers, à savoir le référent salace jouant sur l'horreur ponctuelle pour promouvoir une certaine idée de malaise social. Mais un malaise dont la cause est la Personne elle-même, l'individu sans l'Etat. Car en effet, le fond moral de ce "fait-divers" ne va pas ailleurs : si même une mère est un danger pour ses enfants, qui reste-t-il alors pour protéger ces derniers ?
Ce serait trop de dire que notre direction politique est la source de nos maux quotidiens, on trouve toujours plus de déchéance et d'horreur dans les cas particuliers. Voyez ce que vous êtes individuellement, les saletés dont vous êtes capables. A-t-on déjà remarqué que nos courageux intellectuels, s'il leur arrive de fustiger la « Société » dans une improbable contestation générale, s'en prennent rarement au « régime social »? Ou alors, c'est pour s'enfermer dans une dialectique de la gauche et de la droite, où l'un est présenté comme l'ennemi et l'autre comme le but à atteindre. Le fait-divers, c'est la consécration du sacrifice fait au cours de la Révolution, des libertés individuelles perçues comme un danger permanent.
Et pourtant, il faudrait se méfier ; quand on nous rapporte qu'un enfant va être inculpé pour avoir « provoqué » le suicide d'un de ses professeurs en mentant sur les actes de ce dernier, on a intérêt à nous en dire plus. Car il y a deux revers à ce fait-divers : ou l'on est en phase avec le consensus ambiant, et l'on s'insurge du mensonge du "garnement" dont on consent à faire la source du suicide professoral. Ou bien alors, on reconnait que l'enfant n'a rien fait d'autre que de profiter d'un régime qui terrorise la fonction professorale en gardant pour lui toute mesure autoritaire, au sein duquel tous les mensonges sont permis, et face auxquels le magistère est absolument impuissant.
Interdiction de la fessée préconisée par certains dirigeants européens, humiliation de toute mesure correctrice au sein du rang éducatif... Je ne dis pas que je suis un amoureux des châtiments corporels. J'ai eu une « maîtresse » en CP qui outrepassait ses droits largement, et qui cognait des gosses avec une certaine complaisance ; je n'ai jamais considéré qu'elle œuvrait en vertu. Mais ceci étant dit, on éviterait bien des drames en évitant, d'une part, que la question « scolaire » repose dans les mêmes mains que la fonction politique, et d'autre part, en exigeant qu'elle ne puisse jamais être réduite au simple "fait divers".
« L'élève a menti »... Quel âge a l'élève ? Qui est cause du suicide professoral, sinon l'encadrement professoral ? Acquittez l'élève, et accusez la République. Ce n'est pas un enfant que le professeur a fustigé symboliquement en se donnant la mort, c'est un système d'oppression sur lequel il faudra bien revenir un jour, et qui ne se limite pas au seul domaine éducatif. Qui osera dire le contraire ? On ne se tue jamais par dégoût d'un être, on se tue par un dégoût généralisé des êtres, ou bien par un amour démesuré à leur égard, et celui qui meurt par ses mains œuvre dans l'intention soit de symboliser la gloire, soit de représenter l'opprobre. C'est là une sentence qui sera utile autant aux juges qu'aux psychologues de notre nation. Ou du moins, à ceux d'entre eux qui croient encore que la raison est un phare pour les hommes.
Nils Leroy
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29 octobre 2008
Tout est dans le titre. Mais pour mieux comprendre, définissons précisément les termes. Nous prenons donc Le Robert qui nous aide dans cette tâche : "colonialisme : doctrine visant à légitimer l'occupation, la domination politique et l'exploitation économique de territoires par certains Etats". Puis, "ingérence : fait d'intervenir sans en avoir le droit". Nous retiendrons [...]

Tout est dans le titre. Mais pour mieux comprendre, définissons précisément les termes. Nous prenons donc Le Robert qui nous aide dans cette tâche : "colonialisme : doctrine visant à légitimer l'occupation, la domination politique et l'exploitation économique de territoires par certains Etats". Puis, "ingérence : fait d'intervenir sans en avoir le droit".
Nous retiendrons du colonialisme le fait qu'il légitime l'occupation d'un territoire. Cependant, la conception de la colonisation de nos aïeux répondait à une logique plus profonde. Elle visait à apporter la civilisation aux indigènes à coloniser. Sans s'occuper de savoir s'il s'agit d'une bonne ou d'une mauvaise chose, passons maintenant au droit d'ingérence, terme inventé il y a une vingtaine d'années par Bernard Kouchner. Selon le dictionnaire, le droit d'ingérence serait le droit d'intervenir dans un pays sans en avoir le droit. Là encore, la visée d'une action de ce type est profonde. Sous un prétexte divers, on veut intervenir dans un pays pour améliorer une situation que l'on juge désastreuse.
C'est ici que la similitude devient frappante. Dans les deux cas, nous avons deux formes de pensée qui veulent intervenir dans un pays étranger pour y établir un modèle de fonctionnement qu'il juge idéal. Pour le colonialiste, il s'agit de (sa) la civilisation. Pour le partisan du droit d'ingérence, il s'agit de la démocratie.
Sans juger, ni le colonialisme, ni le droit d'ingérence, nous pouvons une fois de plus montrer l'hypocrisie de nos dirigeants qui condamnent ce qu'ils font eux-mêmes, en changeant les termes. Une preuve aussi qu'ils savent parfaitement contourner ce qui déplaît à la "masse", en privilégiant la forme au fond.
Yves Corneille
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28 octobre 2008
Même s'il y contribue, nous dit le proverbe, l'argent ne fait pas le bonheur. Cessons de considérer que l'argent est une fin en soi, alors qu'il est juste un moyen. Sans craindre de proclamer une hérésie, nous pouvons dire que l'argent n'est pas tout dans une société, et encore moins dans la vie. On raconte [...]
Même s'il y contribue, nous dit le proverbe, l'argent ne fait pas le bonheur. Cessons de considérer que l'argent est une fin en soi, alors qu'il est juste un moyen.
Sans craindre de proclamer une hérésie, nous pouvons dire que l'argent n'est pas tout dans une société, et encore moins dans la vie. On raconte qu'un prince arabe cherchant le bonheur s'était entendu dire qu'il devait porter la chemise d'un homme heureux. Il chercha longtemps dans de nombreux pays. Il finit par rencontrer un paysan qui était réellement heureux. Il n'avait pas de chemise ... Le bonheur est indépendant de la richesse et la croissance n'y saura rien changer. Par contre, l'expérience a montré à l'exemple de Harpagon que la cupidité et la recherche insatiable de l'argent (que l'on garde ou que l'on investit) ne rend pas heureux. La croissance, ni même le développement, ne se soucie de la santé morale des gens, pourvu qu'ils consomment et correspondant à la définition en vogue du bien-être. La volonté effrénée des financiers de notre temps de maximiser la croissance leur a fait oublier que la richesse est juste un moyen du bonheur. La croissance n'est pas tout, mais une partie du tout.
De même, Frédéric Beigbeider décrit un point de vue intéressant du commerce et donc, indirectement, de la croissance, dans son livre 99 francs. Il consiste en la démonstration qui suit: le bonheur est le fait de ne plus avoir de désir. Dans cette optique, lorsque vous êtes heureux, vous ne consommez que le strict nécessaire. Le commerce et plus particulièrement le marketing ne cherchent donc surtout pas votre bonheur : vous ne consommeriez plus, ou beaucoup moins. Au contraire, leur but est de vous donner une multitude de désirs pour que vous consommiez davantage, ce qui créera la fameuse croissance. C'est d'ailleurs la définition du marketing : vous faire désirer ce dont vous n'avez pas besoin. Et surtout, dès que vous accomplissez le désir, de vous en créer un autre. Donc, en vous créant une multitude de désir, tous aussi inutiles les uns que les autres, le commerce vous fait croire qu'avec l'accomplissement de ce désir, vous parviendrez au bonheur tant recherché. Notre objet n'est pas ici la recherche du bonheur, mais de montrer que le commerce, loin de contribuer à votre bonheur, contribue volontairement et sciemment à vous en éloigner.
Yves Corneille
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28 octobre 2008
On sait comme notre temps subversif est plein de ces joyeux anarchistes dont l’unique l’objet est de, partout, « créer le malaise », par haine conjuguée de la société et du conformisme. Alors chers lecteurs, laissez-moi vous donner un truc pour briser un repas de famille ou une soirée entre amis. Dîtes distinctement: « Hitler [...]

On sait comme notre temps subversif est plein de ces joyeux anarchistes dont l’unique l’objet est de, partout, « créer le malaise », par haine conjuguée de la société et du conformisme. Alors chers lecteurs, laissez-moi vous donner un truc pour briser un repas de famille ou une soirée entre amis. Dîtes distinctement:
« Hitler a été élu démocratiquement. »
Ou plutôt ne lancez pas cela comme ça, presque par hasard; ne vous laissez pas prêter des arrières-pensées que vous n’avez-pas. Laissez la bêtise venir à vous. Laissez dire:
« Quand Hitler a-t-il réalisé son putsch/coup d’Etat ? »
ou moins ambigu (Hitler ayant effectivement foiré un putsch en 1923):
« Quand eurent lieu les élections truquées qui amenèrent Hitler au pouvoir ? »
Plus de doute possible, on parle bien ici de l’ascension au pouvoir du dictateur allemand en 1933.
J’en conviens, il faut un certain processus pour aboutir à ce sujet sulfureux, mais celui-ci arrive parfois naturellement, présent qu’il est dans les esprits, tant du fait de ses répercussions dans le siècle passé que de son intrumentalisation postérieure. Le nazisme en tant que tel occupe d’ailleurs toujours le débat politique en toile de fond, et le phénomène est assez répandu pour qu’on se soit trouvé forcé de lui donner un nom aux allures parascientifiques: « la loi de Godwin ». Mais laissons-là ces considérations théoriques et pourfendons l’ignorance, en chœur:
« Hitler a été élu démocratiquement. »
Alors risquez-vous comme jamais de ranimer ce chef-d’œuvre psychotique qu’est l’imaginaire de l’homo democraticus contemporain. La réaction peut prendre plusieurs formes; hystérique:
« Cela n’est pas convenable, je n’en peux ni n’en veux plus rien entendre, d’ailleurs je me bouche les oreilles. »; violente:
« Fasciste. »
Ou, ce qui est plus certain dans le siècle anémique qui est le nôtre:
Trou, blanc, vide, en un mot, SILENCE.
Le postulat est tabou. Et en effet, il met le démocrate moderne devant ses responsabilités: soit l’on est démocrate, soit l’on combat le moyen par lequel la forme la plus terrible du germanisme s’est imposée en Allemagne, et avec elle le plus dangereux des dictateurs européens du XXème siècle.
Reinelde Maes
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27 octobre 2008
Mis au point à la fin des années 80 et adopté en France dix ans plus tard, le DPI (diagnostic préimplantatoire) permettait, par l'analyse de certains éléments du patrimoine génétique d'embryons conçus in vitro, de « sélectionner » l’embryon sain parmi un panel, et ainsi d’éviter aux parents le désagrément d’un enfant victime d’une maladie [...]
Mis au point à la fin des années 80 et adopté en France dix ans plus tard, le DPI (diagnostic préimplantatoire) permettait, par l'analyse de certains éléments du patrimoine génétique d'embryons conçus in vitro, de « sélectionner » l’embryon sain parmi un panel, et ainsi d’éviter aux parents le désagrément d’un enfant victime d’une maladie génétique incurable quand existaient des antécédents familiaux. Ce système aboutissait à quelques dizaines de naissances par an, et forcément beaucoup plus de non-naissances, et pouvait à l’occasion générer des bébés-médicament dont le sang du cordon ombilical devait servir à soigner le grand frère ou la grande sœur malade. Maintenant, on pourra choisir son gosse sous la simple présomption de sa perfection médicale !
En effet, le quotidien britannique The Times du 24 octobre révèle qu'une équipe de chercheurs britanniques menée par le professeur Alan Handyside a mis au point une technique permettant de déterminer de multiples caractéristiques de prédispositions à de nombreuses affections à partir de l'analyse d'une seule cellule embryonnaire. Ils affirment ainsi pouvoir identifier jusqu’aux « caractéristiques génétiques tenues pour être associées à une prédisposition au diabète, à certaines affections cardiovasculaires ou neurodégénératives ». Une nouvelle qui arrive à point nommé, à l’heure où certains s’interrogeaient sur un éventuel élargissement en France du dépistage aux cancers du côlon, du sein ou de l'ovaire…voire plus si affinités ! Cette perspective, qui devrait se concrétiser dès l’an prochain outre-Manche, nous rapproche peu à peu de la société eugéniste de « l’enfant parfait » où les bonnes intentions et la Technique au seul service de l’orgueil et du plaisir humains réaliseront le rêve d’esprits uniformistes tarés.
Reinelde Maes
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