RSA : une fausse bonne idée

22 avril 2008 | 1 commentaire

Dernière péripétie du cafouillage quant à l'action sociale du gouvernement, l'UMP a annoncé le 14 avril la création d'un groupe de travail sur le Revenu de solidarité active (RSA) de Martin Hirsch. Le Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté est "partie prenante" de ce groupe de travail, installé le 16 avril lors de la réunion de la commission exécutive du parti majoritaire, a précisé Chantal Brunel, porte-parole de l'UMP. Un débat serré est en cours au sein du gouvernement sur la généralisation du RSA. Expérimenté dans une trentaine de départements, ce nouveau dispositif destiné à favoriser le retour au travail des allocataires de minimas sociaux, est jugé coûteux alors que l'heure est aux économies budgétaires. Martin Hirsch a confirmé dimanche que François Fillon lui proposait un milliard d'euros « pour commencer », alors qu'il évaluait l'enveloppe nécessaire entre deux et trois milliards d'euros. Tout en sachant que pour seulement 8 000 allocataires du RSA, il a fallu débourser près de 40 millions d'euros... Le Haut Commissaire a suggéré que le RSA soit en partie financé par une taxe sur les entreprises qui utilisent leurs profits pour racheter leurs propres actions. « Est-ce qu'il n'y a pas une source de financement supplémentaire quand il y a de très grands profits dans les entreprises, dont une partie sert à racheter leurs propres actions avec très peu d'impôts là-dessus ? », a-t-il demandé sur Canal + le 13 avril dernier. « Ce qu'a proposé M. Hirsch, ce n'est pas une taxe, c'est une contribution volontaire », a affirmé le 14 avril le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre. De plus, le grand projet de Martin Hirsch revient de loin. Depuis près d'un mois, en effet, le Haut Commissaire bataille contre le ministère des Finances et les présidents des conseils généraux, qui gèrent le RMI, et pour certains à titre d'expérimentation, le RSA. Marianne 1 revient sur le bras de fer entre les fonctionnaires de Bercy et Martin Hirsch, l'un des symboles de la cacophonie au sommet de l'État selon l'hebdomadaire. Ainsi dans les colonnes de Ouest-France, Martin Hirsch dénonce-t-il « les tentations de refermer le couvercle sur les allocataires de minima sociaux et les travailleurs pauvres ». Or, constatant comme François Fillon que les « caisses sont vides », Nicolas Sarkozy a expliqué que « les dépenses sociale sont indispensables pour notre pays mais si le poids des prélèvements obligatoires est tel que les emplois se délocalisent, ça crée des chômeurs en plus et ça fait exploser les dépenses sociales », lors de son déplacement à Cahors, le 8 avril. Il a également indiqué dans le Lot que le RSA serait « calibré en fonction des disponibilités financières » de l'Etat.

En finir avec l'État-Providence

Certains députés, certes enclins à dépenser un peu au titre de l'action sociale, privilégient, eux, la prime pour l'emploi. Mais aucun ne semble dresser le véritable diagnostic de l'inefficacité patente de ce type de mesures. Tout d'abord, lors de sa création en 1988, le RMI se voulait un revenu d'insertion. Or, il n'a fait que financer une "correction" de la pauvreté, le maintien dans la misère de nos compatriotes les plus nécessiteux, sans oublier, ce qui est congénital au système étatique d'aides sociales, le nombre de fraudes qu'il a suscitées. Pris en charge par les départements depuis les dernières lois de décentralisation, il a pour conséquence une hausse des impôts locaux. Il en est de même avec le RSA. Ce dernier ne proposant souvent que des emplois précaires, dont l'absence de charges sociales est supporté par l'impôt...

Pour mettre en place une véritable solidarité envers les plus nécessiteux, il faut en premier lieu permettre à chacun de trouver un emploi. Et ce n'est pas possible avec le montant des charges qui touchent les entreprises françaises et aussi lutter contre le mondialisme qui met en concurrence nos compatriotes et des salariés au coût top faible. Mais surtout, il faut rétablir les corps intermédiaires (familles, groupement de métiers, accord au sein des entreprises, etc.) qui permettraient de venir en aide à tous ceux qui en ont besoin, et ne plus confier cette mission à l'État, monstre froid qui gère très mal la question sociale. Il faut donc en finir avec la République.

ARNAUD NAUDIN (AVEC AGENCES)
in l'AF2000 n°2769

Un commentaire pour "RSA : une fausse bonne idée"

  1. masse

    Le 27 avril 2008 à 19:59

    Familles, groupemets de métiers, accords dans les entreprises, fin de certaines monopoles syndicaux, oui ! Et redonner du sens au mot travail !