12 décembre 2007
Le PCF entretenait pendant l'Occupation une police politique - le détachement Valmy - chargée de l'assassinat des "renégats" et du châtiment des "traîtres". Nul autre groupe d'action n'était aussi proche de la direction du Parti communiste clandestin dont il constituait le bras armé. Sur ordre de Jacques Duclos, ces "cadres spéciaux" organisèrent à Paris des [...]
Le PCF entretenait pendant l'Occupation une police politique - le détachement Valmy - chargée de l'assassinat des "renégats" et du châtiment des "traîtres". Nul autre groupe d'action n'était aussi proche de la direction du Parti communiste clandestin dont il constituait le bras armé. Sur ordre de Jacques Duclos, ces "cadres spéciaux" organisèrent à Paris des attentats spectaculaires, dont celui du cinéma Rex, et exécutèrent ou tentèrent d'assassiner plusieurs dizaines de personnes. La découverte et le dépouillement d'archives totalement inédites par deux historiens passionnés mettent en lumière l'existence de cette "Guépéou" du Parti. Leurs recherches ont permis de pénétrer les rouages méconnus du PC clandestin et, pour la première fois, de suivre au quotidien les policiers des RG dans la chasse implacable qu'ils menèrent contre ceux qu'ils appelaient " le groupe punitif communo-terroriste ". Une enquête historique qui se lit comme un roman et tord le cou à quelques épisodes légendaires de la Résistance communiste.
Jean-Marc Berlière, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Bourgogne, et Franck Liaigre, chargé de recherches au CNRS, appartiennent tous deux à l'équipe de recherche du CESDIP (ministère de la Justice / CNRS). On leur doit la première étude scientifique sur les débuts de la lutte armée menée par le Parti communiste à l'aide des "Bataillons de la jeunesse" à l'automne 1941 (Le Sang des communistes, 2004).
Liquider les traîtres : La face cachée du PCF, 1941-1943, Franck Liaigre et Jean-Marc Berlière,Robert Laffont, 2007, 510 pages, 22€.
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11 décembre 2007
René Girard aborde l'œuvre de Cari von Clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du De la guerre. Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes. On en a retenu un axiome essentiel : " La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. " Clausewitz pensait que les [...]
René Girard aborde l'œuvre de Cari von Clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du De la guerre. Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes. On en a retenu un axiome essentiel : " La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. " Clausewitz pensait que les gouvernements pouvaient faire taire les armes. Mais le succès de cette formule témoigne d'un refus de voir la nouveauté du traité. Observateur des campagnes napoléoniennes, Clausewitz a compris la nature de la guerre moderne : les termes de "duel", d'" action réciproque " ou de " montée aux extrêmes " désignent un mécanisme implacable, qui s'est depuis imposé comme l'unique loi de l'histoire. Loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins. René Girard fait de Clausewitz le témoin fasciné d'une accélération de l'histoire. Hanté par le conflit franco-allemand, ce stratège éclaire, mieux qu'aucun autre, le mouvement qui va détruire l'Europe. "Achever Clausewitz ", c'est lever un tabou : celui qui nous empêchait de voir que l'apocalypse a commencé. Car la violence des hommes, échappant à tout contrôle, menace aujourd'hui la planète entière.
Achever Clausewitz, René Girard, 368 pages, Carnets Nord, 2007, 22€.
Pour commencer, lisez l'entretien de René Girard et Rémi Brague : «L’apocalypse peut être douce», ici.
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11 décembre 2007
(LPAC) - Un vent de panique souffle sur les élites bancaires de Londres après la baisse des taux imposée par la Banque d’Angleterre. Le quotidien britannique The Telegraph ecrivait que « Le marché craint que la banque centrale ait « perdu contrôle, » et que « la baisse des taux a échoué à faire tomber [...]
(LPAC) - Un vent de panique souffle sur les élites bancaires de Londres après la baisse des taux imposée par la Banque d’Angleterre. Le quotidien britannique The Telegraph ecrivait que « Le marché craint que la banque centrale ait « perdu contrôle, » et que « la baisse des taux a échoué à faire tomber la peur ». « Un marché monétaire qui est hors de contrôle ». « Une seule baisse est insuffisante » car la bourse de Londres n’a pas réagi avec euphorie après l’annonce de la baisse.
De son coté, le prévisionniste financier Anatole Kaletsky développait l’argument dans le Times de Londres que les britanniques doivent suivre l’exemple de la Réserve fédérale américaine et continuer à baisser les taux. Sinon...
Kaletsky averti que « le système bancaire britannique est au bord d’un effondrement majeur, et la catastrophe totale a seulement pu être évitée grâce au soutien financier - le plus large jamais vu dans le monde - à des sociétés privés par n’importe quel gouvernement. »
Le Telegraph d’aujourd’hui remarquait que les marchés n’ont pas du tout répondu comme ils auraient dû. Les taux sur les marchés financiers se sont envolés tandis que le marché des actions partait à la baisse. « Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque d’Angleterre a été obligé d’apprendre à grande vitesse que tout ce qu’il peut faire, c’est de balancer les manuels par la fenêtre, » écrit Edmund Conway, qui déclare que les banques centrales, au moins pour l’instant, ont « perdu le contrôle sur la politique monétaire. ».
Les marchés monétaires suivent leur propre cours sans tenir compte des directives du CPM, et « les marchés du crédit sont foudroyés par la peur ». Les banques ne se prêtent pas un centime entre elles, car elles sont paranoïaques sur les bilans qu’elles se présentent les unes aux autres.
Y aurait-il des fous dans la maison finance, tentés de jouer la carte de l’effondrement pour leurs propres intérêts ?
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10 décembre 2007
Robert Charles Surcouf, sieur de Boisgris était un corsaire français très intrépide. Il harcela les marines marchandes et militaires anglaises, non seulement dans les mers de l'Europe, mais aussi dans celles de l'Inde. Il acquit réputation et fortune en faisant la course. Né dans le village de Binic, près de Saint-Malo, il est le fils [...]
Robert Charles Surcouf, sieur de Boisgris était un corsaire français très intrépide. Il harcela les marines marchandes et militaires anglaises, non seulement dans les mers de l'Europe, mais aussi dans celles de l'Inde. Il acquit réputation et fortune en faisant la course.
Né dans le village de Binic, près de Saint-Malo, il est le fils de Charles-Ange Surcouf, sieur de Boisgris et Rose-Julienne Truchot de la Chesnais. Ses parents, commerçants, le destinaient à la prêtrise, mais il s'engage dès 15 ans comme volontaire sur l'Aurore en partance vers les Indes. À vingt ans, il est déjà capitaine de La Créole qui fait le trafic d'esclaves.
Nommé capitaine à l'âge de vingt ans, il commanda successivement les corsaires la Clarisse, la Confiance et le Revenant.
Surcouf alla tenter la fortune en Inde en 1796.
Quelques jeunes gens de l'île de France (aujourd'huiîl e Maurice) armèrent un petit corsaire pour Surcouf, qui fit voile pour les côtes de l'Inde, avec un équipage de Lascars (marins indiens). À l'embouchure du Bengale, où il se dirigea d'abord, il rencontra un petit convoi escorté par un bateau-pilote, armé en guerre ; il aborda le bateau-pilote et le prit ; il s'empara ensuite des bâtiments marchands anglais, se débarrassa de ses prises, de son propre navire, et passa sur le schooner avec dix-neuf hommes seulement.
Mais Robert Surcouf, le plus célèbre des armateurs malouins, entre dans la légende à vingt-trois ans, en 1796 quand, avec un équipage de 190 hommes, il prend à l'abordage un grand vaisseau britannique, trois fois plus important et mieux armé que le sien : la Confiance (18 canons et 190 hommes) prend le Kent (40 canons et 437 hommes). Ce premier succès enhardit Surcouf, qui va tenir la mer, courant après tous les bâtiments qu'il apercevra, en corsaire non autorisé, car il est parti de l'île de France sans ses lettres de marque, qui donnaient une légalité à la prise.
Peu après, avec son bateau, n'ayant que deux canons, Robert Surcouf met le cap sur un gros trois-mâts : c'était un vaisseau de la compagnie des Indes, monté par 150 Européens et armé de 26 canons de 12 ; il se nommait le Triton. Il dut son succès à ce stratagème. En effet, comment prêter le flanc à un si fort ennemi ? Surcouf fait cacher tout son équipage. « Je cours sur ce gros Anglais, dit-il à ses gens, je l'accoste : à un signal que je vous ferai, vous reparaîtrez sur le pont ; nous ferons une décharge de mousqueterie pour effrayer l'équipage, nous sauterons à bord et nous prendrons le bâtiment. » Les choses se passèrent comme il l'avait dit. Le combat qui s'engage sur le pont du Triton est terrible ; le capitaine anglais et dix de ses hommes sont tués, cinquante autres sont blessés, et Surcouf reste maître du vaisseau, n'ayant eu que deux blessés et un mort parmi les siens. Il fait signer un cartel d'échange à ses prisonniers, les envoie à Madras sur son petit schooner qu'il dépouille de toutes ses armes et mène son importante capture à l'île de France.
Chassé par trois vaisseaux de la Compagnie, il parvient au moyen d'une manœuvre habile à les isoler ; puis, les attaquant séparément, il en enlève deux, et contraint le troisième à prendre la fuite.
En 1799 la frégate la Preneuse, commandée par l'intrépide Lhermite, venait de se perdre à l'île de France. L'équipage attendait une occasion de retour ou d'embarquement. Le bruit se répand que la Confiance va faire la course.
La fortune de Surcouf commençait à grandir. Après plusieurs courses aventureuses, Robert Surcouf fut sur le point d'être dépouillé du fruit de ses dangers parce qu'il avait écumé la mer sans lettres de marque. Il avait armé en course sans autorisation à sa première croisière ; aussi quand il avait attéri avec le Triton, sa prise avait été confisquée.
Cependant les autorités de l'ile de France consultèrent le Directoire qui, voulant récompenser la bravoure du jeune corsaire, proposa au Corps législatif de lui décerner, à titre de don national, la valeur de ses prises qu'on avait vendues au profit de la colonie ; il reçut 700.000 francs.
Robert Surcouf est célèbre pour ses activités de corsaire et pour sa conception de la guerre sur mer contre la Grande-Bretagne, plus orientée vers la guerre d'usure que l'affrontement d'escadres. Pour lui, il est plus efficace de saper l'économie de l'adversaire que de détruire ses navires armés. Il finança lui-même l'armement de nombreux navires de guerre légers : l'Auguste, la Dorade, la Biscayenne, l'Edouard, l'Espadon, le Ville-de-Caen, l'Adolphe et le Renard.
Sa flotte prit La Havane, seule fois où cette ville tomba.
Surcouf accomplit un autre exploit. Saint-Malo étant occupé par les Prussiens, il se prit de querelle avec eux et défia en duel tous les officiers du régiment concerné. Les Prussiens, se considérant comme experts au sabre, relevèrent l'offre très imprudemment: Surcouf tua ou blessa les 15 premiers à la suite mais laissa aller le dernier (qui était le plus jeune et devait probablement être quelque peu démoralisé par le spectacle auquel il avait assisté) pour qu'il puisse témoigner que tout s'était passé dans les règles. Après avoir disparu quelque temps, Surcouf revint tranquillement chez lui passer entre les siens le reste de son âge.
Le nom de l'intrépide corsaire était devenu la terreur du commerce anglais dans les parages de l'Inde, et le gouvernement anglais avait cru devoir renforcer de plusieurs frégates sa station dans ces mers. En 1813, Surcouf fut chargé de conduire en France le Charles, vieille frégate, qu'il avait achetée au gouvernement et armée en flûte. Elle portait un très riche chargement. Il échappa par son sang-froid et l'habileté de ses manœuvres aux croisières anglaises.
Le frère du capitaine Surcouf, Nicolas Surcouf, intrépide marin comme lui, fut son second pendant près de 15 ans, et contribua à ses succès.
Surcouf consacra la dernière partie de sa vie à des spéculations commerciales, qui furent pour lui une nouvelle source de richesses. On croit que sa fortune s'élevait à la fin de sa vie à plus de 3 millions de francs.
Surcouf mourut d'un cancer le 8 juillet 1827 dans une maison de campagne qu'il possédait près de Saint-Servan, et fut inhumé à Saint-Malo.
Surcouf est considéré comme l'un des meilleurs marins que la France ait jamais eus. Redoutable, intenable sur tous les bords, c'est grâce à lui que de nombreux vaisseaux britanniques furent détournés en faveur de la France qu'il servit toujours, par delà les tourments politiques qui l'agitaient. Il réussit en seulement cinq années à attaquer une cinquantaine de navires britanniques et portugais.
Il est également considéré comme l'inventeur d'une ruse de nuit qui consiste à faire un petit radeau où l'on accroche des lanternes de manière à faire croire à ses poursuivants que le navire se situe à un autre endroit. (cf. le film Master and Commander)
Le 31 du mois d'aout
Nous aperçûmes sous l'vent à nous
Une frégate d'Angleterre
Qui fendait la mer et les flots
C'était pour aller à Bordeaux
Buvons un coup, buvons en deux
A la santé des amoureux
A la santé du roi de France
Et merde pour le roi d'Angleterre
Qui nous a déclaré la guerre ...
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9 décembre 2007
On a beaucoup entendu ces derniers temps, face à un prétendue menace de sélection à l’entrée des universités, le discours des défenseurs du bac pour tous, de l’égalité des chances, de la fac démocratique. A les entendre, la France aurait un système éducatif étendu et performant qu’il ne faudrait perdre pour rien au monde. Ce [...]
On a beaucoup entendu ces derniers temps, face à un prétendue menace de sélection à l’entrée des universités, le discours des défenseurs du bac pour tous, de l’égalité des chances, de la fac démocratique. A les entendre, la France aurait un système éducatif étendu et performant qu’il ne faudrait perdre pour rien au monde.
Ce n’est pas l’impression que donne un rapport récemment publié. En ce qui concerne la lecture, l’écriture, le calcul et la culture scientifique, les jeunes français sont en dessous de la moyenne de l’OECE (qui , rappelons le, contient des pays comme la Pologne ou le Mexique !) Les pays se distinguant sont le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong ou encore la Finlande ou le Canada. La France arrive même derrière l’Allemagne, dont tant aiment à se moquer pour ses demi journées de cours. A quoi donc ont accès « tous » nos jeunes ? A du vent, des principes, de l’idéologie. Et cela n’instruit pas !
Il est clair, à la lecture du rapport, que les pays s’en tirant avec brio ont indifféremment choisi de réduire les différences entre leurs écoles ou entre leurs élèves au sein d’une même école. Il ne s’agit donc ni de recréer des pôles d’excellence ( qui existent réellement, malgré l’hypocrisie du gouvernement à leur sujet), ni de chercher à tout prix à homogénéiser les classes. Ce qui ressort en revanche de cette étude, c’est que les pays où les élèves excellents sont les plus nombreux sont aussi ceux où il y a le moins d’élèves laissés à la traîne. Le nivellement par le bas marche moins bien que l’homogénéisation par le haut. Enfin, ce n’est pas par un budget plus élevé que les étudiants polonais surpassent les français en culture scientifique – la France donne une part de son budget annuel pour l’éducation bien plus élevée que ses voisins – il ne s’agit donc pas de manque de moyens.
Que faire alors Il n’est pas nécessaire de rajouter des heures d’étude sur le modèle japonais.. Il suffirait de s’attacher un peu plus à l’ instruction de nos enfants plus qu’à leur éducation : Dès le CP, leur apprendre à lire, à apprendre par cœur des tables de calcul, à faire des dictées, plutôt que de développer les cours de civisme, de nutrition, d’anglais, ou d’élever le sport sur un piédestal en espérant qu’il leur donnera le goût du fair-play et des règles communes. Au lycée, donner à ceux qui n’ont pas envie de suivre des filières générales (ou n’en ont pas les moyens) la possibilité de le faire sans se sentir mis à l’écart ou culpabilisés. Enfin, cesser de mentir aux jeunes admis en faculté alors qu’ils n’en ont pas le niveau, qu’on les condamne ainsi à en sortir au bout de quatre ans avec une licence…qui ne leur servira qu’ à courir à l’ANPE la plus proche.
Assez d’hypocrisie, l’éducation en France a besoin de réformes, non pas au sens de ces messieurs les républicains qui se voient liés par leur envie de ménager les syndicats, les parents d’élèves, les électeurs, et ne vivent que dans l’idéologie. Elle a besoin d’être étendue, non pas au sens des partisans de la « démocratisation », qui seraient prêts à remplacer dans les programmes Molière par Harry Potter, du moment que « tous » puissent l’apprendre. Nous avons besoin d’une instruction sans concessions qui force tout enfant, qu’il soit en ZEP ou ailleurs, à apprendre les bases dès les premières classes, et lui donne ainsi de vraies opportunités professionnelles. Et il ne semble pas que ce soit en république que nous y arriverons !
Mlle Percy
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8 décembre 2007
Qui donc sont ces initiateurs de la Révolution, et savaient-ils où ils allaient? Ce sont les idéologues (que Cochin me pardonne ce terme impropre, choisi par souci de compréhension), qui agissent non par perversion ni par égoïsme, mais parce qu’ils sont passés par un malaxeur très spécial, indolore et même innocent, les sociétés de pensée. [...]
Qui donc sont ces initiateurs de la Révolution, et savaient-ils où ils allaient? Ce sont les idéologues (que Cochin me pardonne ce terme impropre, choisi par souci de compréhension), qui agissent non par perversion ni par égoïsme, mais parce qu’ils sont passés par un malaxeur très spécial, indolore et même innocent, les sociétés de pensée.
On ne s’y réunit pas pour comploter, mais pour causer ; de tout et de rien, de science, d’agriculture, d’économie, de politique, de littérature, bref de tout ce que l’on a appelé la "Philosophie" ou "les Lumières". Cette activité innocente –simplement causer, pour causer - a des conséquences inévitables. Une première est liée au fait que la réalité n’est jamais prise en compte, puisqu’elle n’a pas à l’être. La seconde est que puisqu’elle cause pour découvrir la vérité, qui ne saurait être qu’une, une société de pensée vise l’unanimité et ne peut prendre que comme un crime toute dissidence et tout désaccord. La vérité est la proposition sur laquelle tout le monde tombe d’accord : « est réel ce que les autres voient, vrai ce qu’ils disent, bien ce qu’il approuvent ». Troisième conséquence, très vite, les sociétés de pensée sont soumises à un mécanisme de sélection. Seuls resteront les esprits les plus aptes au jeu : les jeunes, qui manquent d’expérience et peuvent nourrir l’illusion que tout est possible ; les gens de loi, de plume, de parole, parce qu’ils aiment parler et qu’ils vivent déjà dans un monde confiné ; les vaniteux parce que la conquête de l’opinion d’autrui est leur passion propre... Ils vont donc être, entre eux, encore davantage coupés des réalités. Quatrième et dernière conséquence, le degré d’abstraction et d’irréalité atteint par l’idéologie la rend apte à être avalée partout : la Liberté peut séduire un Parisien comme un Chinois ou un Iroquois ; les libertés françaises ou anglaises ou athéniennes… ne sont pas transposables.Pour Cochin, la Révolution résulte d’une conjonction de trois facteurs : la stratégie et les tactiques du parti philosophique; la nouveauté du phénomène , et enfin un règlement électoral contradictoire dans son principe, qui donnait automatiquement la majorité aux idéologues. Pas de complot, mais une agrégation d’une foule d’actions dispersées, allant toutes dans le même sens sans que personne ne puisse prévoir les conséquences ultimes : les Français ont fait la révolution, elle ne s’est pas imposée à eux comme une décision du Destin ou de l’Histoire - mais ils ne le savaient pas.
Parvenu au pouvoir, l’idéologue instaure nécessairement le terrorisme, parce que, d’une part, l’application de la puissance se trouve à l’avance justifiée à quelque extrémité qu’elle atteigne, et que d’autre part le contact avec les réalités multiplie les obstacles insurmontables. Le traitement par l’idéologue de la réalité est marqué par deux traits dominants : l’irréalisme et la panique. Toutes les mesures prises en matière économique par la Terreur se sont révélées des catastrophes ; mais l’expérience des catastrophes ne corrige pas ; elle provoque une panique, une fuite en avant. La défense de la Terreur par la nécessité de répondre à des défis circonstanciels ne tient pas: ces défis sont en grande partie produits par les mesures terroristes elles-mêmes (le problème des subsistances, par exemple) et ne nécessitent pas forcément l’emploi de la guillotine. Mais ne concluons pas de l’énormité des crimes à la stature gigantesque des criminels : la Terreur fonctionne sans terroristes, avec des hommes les plus médiocres, mais dotés d’un éventail très limité de solutions tirées de l’idéologie : le dernier des imbéciles peut trouver que si les cochons sont maigres, c’est la faute des paysans, et qu’en guillotinant les paysans, les cochons engraisseront !
Autre problème : un régime idéologique et terroriste corrompt toutes les solidarités et, en rétablissant l’état de nature, il rétablit la guerre de tous contre tous, par quoi son pouvoir se trouve consolidé et établi : l’irréalisme des mesures fait que le peuple, pour survivre aux catastrophes, est obligé d’agir contre son propre intérêt ; toute mesure joue au profit de ceux qui l’enfreignent et au détriment de ceux qui l’appliquent, donc les marchés noirs se développent, et la répression et les raisons de réprimer également!
Pour vous convaincre, armez vous de cette question simple : « pourquoi y a-t-il eu une rupture révolutionnaire en France ? » et lisez toutes les préfaces, introduction ou chapitres 1 des histoires de la Révolution : la plupart ne se sont même pas posé la question et les autres n’y ont pas répondu, du moins sans faire appel à une "philosophie de l’histoire", ce qui n’est qu’escamoter le problème. Remarquons au passage que Cochin offre une analyse saisissante de vérité du léninisme ou du stalinisme, et des autres totalitarismes du XXème siècle. Auraient-ils donc une parité avec la glorieuse période de l’avènement de la Démocratie en France ? A méditer !
Mlle Percy
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7 décembre 2007
«Cette France, dont nous sommes les héritiers, s’est historiquement constituée en nation. Il aurait pu en être autrement. C’est un fait, cependant, contre lequel il n’est pas permis d’aller sans manquer à la piété envers les ancêtres. Si, demain, la France cessait d’être une nation, elle cesserait d’être. Aucun d’entre nous n’a le droit de [...]
«Cette France, dont nous sommes les héritiers, s’est historiquement constituée en nation. Il aurait pu en être autrement. C’est un fait, cependant, contre lequel il n’est pas permis d’aller sans manquer à la piété envers les ancêtres. Si, demain, la France cessait d’être une nation, elle cesserait d’être. Aucun d’entre nous n’a le droit de décider que la nation ne sera plus. Le nationalisme français se veut donc uniquement de conservation. Il refuse toute volonté d’impérialisme, tout dessein agressif. Il s’agit pour lui de maintenir l’œuvre des pères. C’est que, effet, dans un pays comme la France, la nation préexiste au nationalisme. Il a fallu, pour la forger, plus d’un millénaire. Pas davantage, il n’est fait de mépris ou d’hostilité envers les autres peuples. Se reconnaître héritier d’une certaine Histoire, c’est admettre qu’il y a d’autres héritages et des Histoires différentes. Pas plus que nous n’admettons d’être dépossédés, nous ne concevons de déposséder. Le respect d’autrui nous conduit à admettre que les nations n’obéissent pas à la même règle de constitution. Une raison unique ne gouverne pas les empires.»
Louis Daménie
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6 décembre 2007
Pour beaucoup de petits français encore aujourd’hui, la révolution de 1789 fut l’acte fondateur d’un pays auparavant en proie à la tyrannie et à la superstition. Beaucoup ne comprennent pas qu’elle fut surtout la mère d’un génocide en Vendée, de la guerre dans l’Europe entière, de la destruction d’un patrimoine millénaire et de l’esprit de [...]
Pour beaucoup de petits français encore aujourd’hui, la révolution de 1789 fut l’acte fondateur d’un pays auparavant en proie à la tyrannie et à la superstition. Beaucoup ne comprennent pas qu’elle fut surtout la mère d’un génocide en Vendée, de la guerre dans l’Europe entière, de la destruction d’un patrimoine millénaire et de l’esprit de factions qui caractérise encore aujourd’hui le système politique français.
Esprit de factions, car si la révolution fut un évènement situé dans le temps et dans l’espace, la destruction de l’Ancien Régime au profit d’un ordre nouveau régénéré du sang de ses victimes, elle fut aussi un nouveau style de penser les relations politiques entre les hommes basé sur la violence, la sédition, et le mépris absolu de l’homme.
Les révolutions qui suivront, celles de 1830, de 1848 ou de 1917, seront portées par une même tournure d’esprit désassignant en permanence ce qui est au nom de ce qui devrait être, légitimant ainsi l’action violente et sa consubstantielle injustice au nom d’un avenir perpétuellement radieux. Donoso Cortès l’exprimait il y a déjà un siècle dans un discours qui fit le tour de l’Europe : « (…) le germe des révolutions n’est pas dans l’esclavage, n’est pas dans la misère ; le germe des révolutions est dans les désirs de la multitude surexcitée par les tribuns qui l’exploitent à leur profit. Vous serez comme les riches, telle est la formule des révolutions socialistes contre les classes moyennes. Vous serez comme les nobles, telle est la formule des révolutions des classes moyennes contre les classes nobiliaires. Vous serez comme des rois, telle est la formule des révolutions des classes aristocratiques contre les rois. Enfin, messieurs : Vous serez comme des dieux, telle est la formule de la première révolte du premier homme contre Dieu. Depuis Adam, le premier rebelle, jusqu’à Proudhon, le dernier impie, telle est la formule de toutes les révolutions. »
Seul demeure cet esprit Révolutionnaire après l’effondrement théorique du marxisme et de ses succédanés. Esprit qui s’accommode fort bien de celui démocratique pour une raison simple : il n’existe entre eux qu’une différence de degré, et non de nature. Le moteur de l’esprit révolutionnaire, comme celui démocratique, est essentiellement négation des liens d’allégeance et d’appartenance concrètes au nom d’une idéologie abstraite donnée comme nécessaire. La lutte des classes devait hier aboutir à la société sans classe, la reconnaissance de droits à l’enfant passe aujourd’hui nécessairement par la destruction de la famille. La convergence de l’esprit démocratique et des multiples sectes révolutionnaires tolérées en France se reconnaît dans un discours commun, le nihilisme, la haine de la civilisation qui leur a paradoxalement donné naissance. Le déploiement simultané de ces dynamiques destructrices explique sans doute pourquoi aujourd’hui, les révolutionnaires d’hier soient devenus les démocrates les plus conservateurs d’aujourd’hui. En un sens, le nationalisme d’Action Française est beaucoup plus révolutionnaire que toutes les chapelles révolutionnaires qui prétendent à la rupture radicale. Etymologiquement, "re-volvere" est retour aux sources, re-commencement. La politique naturelle dont parle Maurras n’a jamais été que cette redécouverte, derrière la contingence des phénomènes politiques et historiques, des principes invariants et nécessaires à la conduite de l’action humaine dans le monde. C’est parce que nous avons pour nous le droit naturel, professé depuis Aristote jusqu’à Maurras en passant par Saint Thomas, que nous pouvons avec certitude affirmer que la Monarchie est le seul projet politique qui rende à la France sa grandeur et à l’homme sa dignité.
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5 décembre 2007
par Francis Moury, initialement paru dans Libres – La Revue de la pensée française n°4. «Quand nous disons que la personne est en quelque manière un absolu, nous ne disons pas qu’elle est l’Absolu; encore moins proclamons-nous, avec les Droits de l’homme, l’absolu de l’individu juridique.» Emmanuel Mounier in, Révolution personnaliste et communautaire, Aubier, 1935, [...]
par Francis Moury, initialement paru dans Libres – La Revue de la pensée française n°4.
«Quand nous disons que la personne est en quelque manière un absolu, nous ne disons pas qu’elle est l’Absolu; encore moins proclamons-nous, avec les Droits de l’homme, l’absolu de l’individu juridique.»
Emmanuel Mounier in, Révolution personnaliste et communautaire, Aubier, 1935, p. 65.
«On ne saurait se dissimuler le caractère global de la réaction existentialiste. Chrétienne ou athée, elle marque un retour du religieux dans un monde qui a tenté de se constituer dans le pur manifeste. […] Le rationalisme occidental garde un message vivant à entretenir dans le monde : l’existentialisme, s’il échappe à ce baroquisme de l’indigence spirituelle où certains semblent le pousser, s’il rédécouvre sans jeu de mots la plénitude de l’existence, peut en renouveler le visage et l’esprit devant les continents qui déjà s’avancent vers nous avec leurs richesses énormes, et leur dédain.»
Emmanuel Mounier in, Introduction aux existentialismes, Denoël, 1947, pp. 154-156.
«L’idée de liberté et l’idée de personne sont au centre de la philosophie française. […] Nous pourrons dire que si la philosophie de Lachelier, de Boutroux, de Renouvier et de Hamelin, de Bergson s’achève par l’idée de la personne, la philosophie de Descartes s’ouvre par elle.»
Jean Wahl in, Tableau de la philosophie française, Gallimard, coll. Idées, 1962, pp. 141-142.
La revue Esprit qu’il fonda en 1932 a survécu à la pensée d’Emmanuel Mounier. Il convient donc de revenir à la source pour rétablir une perspective correcte.
Son premier livre, co-rédigé mais déjà personnel, consacré à La pensée de Charles Péguy (1931) annonçait en germe son développement. Mais ni Révolution personnaliste et communautaire (1935) ni De la propriété capitaliste à la propriété humaine (1936) ne furent considérés comme dignes d’être seulement mentionnés dans les manuels scolaires de philosophie des années 1940 qui étaient en général au courant de la dernière évolution de la pensée française(...).
C’est que politiquement Mounier est un peu trop équilibré et que philosophiquement il n’est pas original : on ne lui pardonne le premier trait ni à gauche ni à droite; on le méprise cordialement dans les cercles universitaires en raison du second.
Fils de paysans grenoblois, agrégé de philosophie, Emmanuel Mounier fut d’abord l’ami du thomiste Jacques Maritain qui publiera son premier livre de 1931 dans la collection Le Roseau d’or qu’il dirigeait chez Plon. Mounier refuse l’individualisme libéral autant que le collectivisme fasciste comme communiste : c’est d’abord un rationaliste catholique. Esprit est interdit en 1941 après avoir désavoué le statut imposé aux Juifs par le Régime de Vichy, sous couvert d’un article consacré à… Péguy. On refuse à Mounier l’accès à l’École des cadres d’Uriage; on l’exclut du mouvement culturel Jeune France qu’il animait; enfin ses contacts avec le directeur du journal Combat lui valent d’être emprisonné en 1942. Il est acquitté mais se rallie décidément à la Résistance et passe dans la clandestinité. L’après-guerre sera naturellement pour lui comme pour Esprit une période de gloire mondaine et d’influence politique. Il œuvre en faveur de la réconciliation avec l’Allemagne. Il est d’abord compagnon de route des communistes mais s’en détache dès novembre 1949. Dès lors, il se "recentre", comme on dit, même si sa revue connaît, pour sa part, une toute autre évolution.
Mounier déclarait que l’événement «était son maître intérieur». Il n’a pas abdiqué pour autant son ambition philosophique. Pendant sa période résistante, il s’intéressait à la psychologie et à la caractérologie mais les travaux plus assidus de Le Senne dans la même direction éclipsèrent évidemment les siens. Après 1945, Mounier écrit, en partie peut-être à l’usage de son prestigieux «transfuge» Maurice Merleau-Ponty passé, comme on sait, d’Esprit aux Temps Modernes dirigés par Jean-Paul Sartre, une Introduction aux existentialismes (1947) et un volume de la collection Que-sais-je ? sur Le personnalisme (1949) dans lesquels il se revendique haut et fort héritier de Kierkegaard et Gabriel Marcel bien davantage que de Hegel, Husserl ou Heidegger, à la différence de Sartre. Dans ces deux ouvrages, il affirme clairement et distinctement que son personnalisme est métaphysiquement issu d’un existentialisme chrétien dont il s’attache à préciser les origines et l’évolution.
Il faut absolument tenter de se procurer l’édition originale de son Introduction aux existentialismes car la page 11 est illustrée d’un magnifique «Arbre des existentialismes» probablement dessiné par Mounier lui-même et dont les racines remontent à Socrate, aux stoïciens, à saint Augustin et saint Bernard. L’amorce du tronc est constituée par Pascal et Maine de Biran puis le tronc lui-même par Kierkegaard. Le sommet du tronc est la phénoménologie husserlienne. La branche gauche est Sartre précédé par Heidegger et Nietzsche; la branche droite est celle du personnalisme de Mounier, située entre celles de Karl Jaspers et de Gabriel Marcel. Entre ces deux branches extrêmes, et en faisant courir son regard de droite à gauche, on constate que Mounier a réparti harmonieusement ses autres sources spirituelles : Vladimir Soloviev, Léon Chestov, Nicolas Berdaieff, Martin Buber, Karl Barth, Max Scheler, Herrad von Landsberg, Henri Bergson, Maurice Blondel, Lucien Laberthonnière. Trois ans avant sa mort, Mounier s’était donc soigneusement situé dans l’histoire de la philosophie française comme dans l’histoire de la philosophie occidentale. Pourtant c’est paradoxalement de la philosophie pratique de Kant qu’un interprète comme Grateloup fera dériver son intuition métaphysique fondatrice, en particulier de la seconde maxime de l’impératif catégorique qui exige que l’on traite les personnes comme des fins. Et Grateloup de citer à juste titre un illustre intermédiaire entre Kant et Mounier, nous voulons parler de Charles Renouvier, fondateur du criticisme et condisciple à Polytechnique du génial philosophe Jules Lequier. Dans les années 1950, Lucien Sève tenta de tirer le personnalisme dans le sens du marxisme : tentative absurde, typique du climat de cette époque.
Parmi les hommes politiques qui furent ses contemporains, c’est en fait Charles de Gaulle qui l’a lu le plus attentivement. L’idée gaullienne de la participation est directement inspirée du texte mounien de 1936. En outre, le parcours individuel comme politique et spirituel de Mounier ressemblait au sien : il pouvait sembler au Général de Gaulle qu’ils avaient été nourris tous deux aux mêmes sources, avaient traversé les mêmes épreuves, en avaient tiré les mêmes leçons.
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5 décembre 2007
Cercle de formation de l’AFE Paris Vendredi 7 décembre (19 h 15), 10 rue Croix-des-petits-champs 75001 Paris (metro Palais Royal) “Le traité simplifié” par Pierre Hillard

Cercle de formation de l’AFE Paris
Vendredi 7 décembre (19 h 15), 10 rue Croix-des-petits-champs 75001 Paris
(metro Palais Royal)
“Le traité simplifié” par Pierre Hillard
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