Léon Daudet
21 décembre 2007
Rien ne pouvait dans sa jeunesse laisser croire que Léon Daudet deviendrait l’une des figures les plus significatives de l’Action Française et l’un de ses principaux chefs.
Né en 1867 à Paris, fils du très républicain Alphonse Daudet il rencontra des personalités, par le biais de ce dernier, tels que Flaubert, les Goncourt, Drumont (etc.) et se marie en 1891 avec la petite-fille de Victor Hugo. Il
collabore à des journaux comme "La Libre parole" de Drumont. Il commence à s’éloigner des Républicains au tournant du siècle.
Sa rencontre avec Charles Maurras est décisive et en 1904, il publie dans le Gaulois une profession de foi monarchiste : « Le roi seul peut être un arbitre , parce qu’il n’a personne à ménager. L’hérédité du pouvoir suprême évite des querelles répétées, des dépenses vaines, une perte de temps, et l’épuisement par corruption. Une restauration monarchique est fatale, non certes parce que nous le voulons, mais parce que la nature et la forme de nos sociétés l’exigent de plus en plus, sous peine de mort ! ». Il écrit avant 1914 des articles prophétiques ; il se consacre pendant la guerre à l’union sacrée que prône l’AF et soutient l’arrivée au pouvoir de Clémenceau.
En 1919, cet antiparlementarisme est élu député royaliste, avec 29 de ses confrères de province. L’AF juge que les circonstances justifient une participation à la Chambre : elle dénonce le traité de Versailles et fait un bel effort de campagne contre le socialisme. Le programme social de l’AF propose la création pour chaque profession de conseils mixtes fixant librement les conditions de travail, la participation obligatoire des ouvriers aux bénéfices des entreprises et le droit de grève professionnelle ; elle s’inspire des principes du catholicisme social de La Tour du Pin. Léon Daudet écrira d’ailleurs Le stupide XIXè siècle, critique percutante du libéralisme.
Daudet est un orateur incomparable, que ses adversaires redoutent pour son ironie mordante. Il commence à s’éloigner dés 1923 de Poincaré à qui il avait donné son soutien constant, et son mandat de 4 ans lui laisse une impression d’échec. C’est l’assassinat de son fils Philippe en novembre 1923, alors âgé de 14 ans, qui le dégoûte définitivement du régime ; il sera condamné pour avoir poursuivi en justice ses assassins, ce qui offrira aux Parisiens une évasion brillante organisée par une ruse des Camelots. Il reviendra de son exil en Belgique en 1930. Léon Daudet était malgré ces malheurs un bon vivant, disciple de Rabelais, que tout intéressait, comme les humanistes ; il était bon et charitable, bien que polémiste. Il a écrit aussi de nombreux romans et mémoires (Paris vécu, le Bréviaire du journalisme). Je lui laisse la parole pour conclure : « Personne n’a le droit, quand il a entrevu une fois la vérité, religieux ou politique, de s’y soustraire, sous le fallacieux prétexte qu’il est difficile de l’obtenir ! ».
Mlle Percy


