Législatives 2007 : l’imposture continue !

31 mai 2007 | 4 commentaires

A présent que la République dite française s’est dotée, par le biais d’un suffrage guidé par les manipulations et le matraquage médiatiques, d’un président qui n’hésite pas à poser à côté du drapeau de l’Union européenne pour sa photo officielle, l’imposture électorale continue à l’approche des échéances législatives.

L’élection présidentielle avait vu les trois candidats appartenant au système qui gouverne la France depuis au moins trente ans, après une propagande à la limite du supportable, arriver en tête du premier tour, totalisant à eux seuls près des trois quarts des suffrages. L’élection législative est désormais celle du combat des partis s’engageant dans une bataille démagogique chronique pour récolter les suffrages des citoyens qui, malheureusement, n’ont pas encore pris conscience de l’illusion qu’il y a à faire confiance aujourd’hui aux tenants d’un système qui a échoué hier et qui échouera demain.

L’élection législative prend désormais la relève et permet aux hommes « politiques » d’étaler leurs réserves inépuisables d’incurie, d’indécence et de misérabilisme. Les partis politiques, qui règnent avec une main de fer sur le pays réel, se partagent ou se disputent sans vergogne les circonscriptions électorales, faisant des accords ici ou là, comme si les intérêts de chaque localité du territoire ne comptaient pas, comme si seul comptait l’avenir des intérêts factieux des gardiens du vortex.

Pas plus que les nationalistes d’Action française ne se sont bercés d’illusions pour la mascarade élyséenne, ils ne participeront aux frasques des prétendants au palais Bourbon. Les élections qui vont suivre prochainement ne seront que le sempiternel recommencement de l’illusion idéologique du système parlementaire partisan, ce même système qui prétend faire croire que l’élection de candidats issus de partis politiques, machines idéologiques destinées à faire remporter la victoire à des parvenus, permettra la défense des intérêts français et provinciaux.

Le jeu électoral étant faussé par les faux paradigmes du parlementarisme, l’on peut dès lors considérer que toute prétention nationaliste au sein de l’Assemblée dite « nationale » est vouée à l’échec. Quand bien même certaines initiatives intéressantes peuvent être menées avec des groupes locaux qui entendent conduire des listes enracinées, orientées sur des intérêts locaux et identitaires, initiatives qui doivent par ailleurs être encouragées car tendent à casser le mythe du représentant de la « Nation » (dans son sens idéologique) pour lui substituer le représentant du peuple réel, dans ses particularismes, elles demeureront toujours incomplètes car la République est ontologiquement hostile aux particularismes et à la représentation territoriale, seule représentation légitime dans le cadre d’une France fédérale.

En effet, la République postule idéologiquement l’individu-citoyen interchangeable, identique à ses pairs et dépourvu de toute particularité. Elle ne peut, en conséquence, concevoir la possibilité que les représentants de la nation doivent, pour la représenter réellement, dans sa diversité et la profondeur de ses diverses racines, s’intégrer eux-mêmes dans le particularisme qu’ils devront ensuite incarner auprès de l’autorité nationale dont la seule mission sera de parvenir une synthèse globale : l’intérêt national. Pour la République, la Nation est un être abstrait, mystifié, désincarné et déraciné. Les représentants du peuple ne sont pas les représentants de réalités culturelles et historiques mais des doctrinaires au service de l’idéologie « Nation. »

Dès lors, il n’y a pas de scrupule à avoir pour tous ces hommes de partis qui s’échangent, se marchandent ou se disputent des circonscriptions électorales dont ils ne prétendent pas représenter les intérêts mais où ils entendent défendre la bannière de leur parti, de leur structure politique. La Nation ne connaissant aucune particularité, il importe peu de savoir si l’UMP ou le PS n’a aucune légitimité à prétendre représenter telle ou telle région. Tout ce qui importe est la victoire du parti qui, s’il dispose d’une majorité de sièges, gouvernera unilatéralement la France dans son ensemble.

A cette conception du parlementaire agent d’un système partisan, cherchant la victoire de son camp, nous entendons opposer le système de la représentation réelle, celle des provinces, des villes, des corporations... Au système des partis, système idéologique et soft-totalitaire, nous entendons substituer celui du représentant enraciné, agissant auprès d’une autorité centrale dont les fonctions auraient été réduites au minimum afin de laisser intactes « les libertés en bas. »

Le système de la France fédérale, voire « fédéralisée, » ne peut avoir lieu en République : le roi se présente dès lors comme l’outil nécessaire pour permettre cette décentralisation en profondeur du royaume de France tout en conservant l’autorité fédératrice nécessaire pour conserver l’unité de la nation : le roi ne se réclame d’aucun parti, d’aucune faction, il fédère et arbitre les intérêts contradictoires des localités diverses là où le président de la République, monsieur Nicolas Sarkozy, est et demeure le chef d’un parti rassemblant la moitié de la France contre l’autre moitié sur des considérations purement idéologiques.

Lors des prochaines élections, les élus qui se présenteront aux Français ne représenteront pas leurs intérêts mais ceux des partis qui les auront investis, conséquence irrésistible d’une République désincarnée. Cette mascarade doit être combattue au même titre que l’élection présidentielle. De la même façon que la France n’est pas un parti, la nation française n’a pas à être représentée par des factieux.

Et puisque la réforme de l'Etat semble de plus en plus nécessaire, puisque les institutions montrent chaque jour davantage leurs faiblesses, puisqu’il est grand temps d’en finir avec ce système oligarchique, la première étape avant (ou après ?) le retour du roi ne serait-elle pas d’en finir avec les pantins du Palais Bourbon ?

Doumenge Mistral

4 commentaires pour "Législatives 2007 : l’imposture continue !"

  1. Partisan_blanc

    Le 1 juin 2007 à 9:12

    Pour la petite histoire, les députés sous la Réstauration re presentaient bien leurs circonscriptions.

    Demandez à un citoyens si son député représente la nation ou la circonscription, il vous répondra, la deuxième réponse^^

  2. Sebastien

    Le 1 juin 2007 à 14:53

    Le FN aura surement aucun député à l'assemblée, retirez la quille du FN !!! mettez en une du MPF par exemple :)

  3. Germinal

    Le 23 juin 2007 à 2:17

    Votre caricature de presse fait très "6 Février". Chacun ses références

    Mon mois de prédilection, c'est Octobre.

  4. Mustang

    Le 24 février 2009 à 22:31

    Germinal fait surement référence à la révolution du même nom qui, en
    fait, était un coup d'état renversant un embryon d'état démocratique et
    à l'origine d'un régime monstrueux responsable de millions de déportés
    et de morts. Belles références en effet !!!