Le nationalisme est-il ringard ?

22 mai 2007 | 8 commentaires

Pour certains, la fin des nations n’est plus un vieux rêve anarchisant caressé du bout des doigts par les pulsions idéologiques des quelques penseurs « utopistes, » la fin des nations semble désormais, pour eux, non seulement une évidence, mais aussi un aboutissement logique voire une nécessité.

Le vieux phantasme téléonomique des faiseurs de « sens de l’Histoire » s’est imposé, aujourd’hui, comme étant le paradigme même de l’action politique contemporaine soumise à l’idéologie du Progrès, ontologiquement hostile aux nations, aux patries et à l’identité même. Là où la prudence aristotélicienne enseignait la rigueur de l’expérience tirée des leçons du passé, ceux qui sont pétris aujourd’hui de « Révolution » ne songent qu’à faire table rase des héritages que nous lègue l’Histoire, parmi lesquels la notion de communauté nationale, celle-ci s’accommodant mal du projet de société voulu par ces acteurs de la Révolution permanente.

Aussi, alors que pour tous, l’avenir et le progrès se situent dans une société multiculturelle, multiraciale et métissée, une société où chacun ne serait qu’un « citoyen du monde, » où les nations appartiendraient à un passé archaïque au mieux, oppresseur au pire, alors dans ce cas le « nationalisme » semble inévitablement être un avatar de la ringardise, apanage de nostalgiques aigris, terrifiés par l’évolution du monde. Si l’on s’inscrit dans l’idéologie progressiste, si l’on imagine le « sens de l’Histoire » comme une fatalité, alors nul doute que le nationalisme est « dépassé » et relève de l’anachronisme. La modernité s’imprègne amoureusement de mondialisme, d’européisme, de démocratie et de libéralisme pour reléguer les nations aux livres d’Histoire.

C’est ainsi que le progressisme est ontologiquement une folie.

En effet, si l’on juge le contenu d’une politique à son âge ou encore à la lumière d’une direction qu’elle fait prendre et non pas à la finalité intrinsèque qui est la sienne, l’on sombre dans l’idéologie où ne comptent plus les concepts de « vrai » ou de « bien » mais seule compte l’appartenance partisane à un schéma de pensée définit dont on cherche à imposer coûte que coûte les paradigmes, combien même ces deniers seraient-ils faux.

Et pourtant, le paradis terrestre, qui nous est promis depuis deux cents ans, tarde à voir le jour. Et, alors que, pour certains, nous naviguons dans « l’Horreur économique, » ou encore dans « la Société du Spectacle, » alors que l’on se désole de la faillite de l’Education nationale, de l’échec de l’intégration, alors que l’immigration a perdu ses allures de réussite d’humanisme mais nécessite aujourd’hui la création d’un ministère pour résoudre les problèmes qu’elle pose, alors que l’on pleure la « perte des repères » et une certaine atomisation de la société, peut-être convient-il enfin de poser la question : lorsque l’on s’est trompé de route, rebrousser chemin n’est-il pas la meilleure solution ?

Les faux nationalismes

Au-delà des médisances, des calomnies et des raccourcis intellectuels de quelques pseudo-penseurs version « bande à Ruquier » et devant la faillite des idéologies modernes, posons-nous la question de savoir ce qu’est le nationalisme : ne serait-il pas une réponse adaptée aux enjeux de notre époque ?

Le nationalisme a beaucoup souffert des confusions sémantiques causées par les tentatives de récupération par des idéologues de multiples cultures politiques, cultures révolutionnaires se revendiquant, à tort, de la nation. La nation ne se confond pourtant pas avec ces idéologies.

Les idéologies révolutionnaires

Le nationalisme ne se confond donc pas, dans un premier temps, avec les idéologies jacobines et républicaines issues de la Révolution dite française, celles-ci ne percevant la nation qu’à travers le prisme du Contrat Social rousseauiste, la nation étant ainsi une association libre d’individus ayant choisi d’y appartenir. Ernest Renan disait ainsi que « la Nation est un plébiscite de tous les jours. »

Cette conception, bien évidemment, est fausse dans son fondement même puisqu’elle place fictivement, dans l’ordre des choses, l’individu avant la nation alors que celle-ci, tout comme la famille, le précède : de même que l’individu ne naît que par la rencontre de deux êtres qui formeront sa famille, famille qu’il n’a pas choisi, la nation s’impose à lui en tant que groupe dans lequel il naîtra et grandira, groupe qui lui transmettra un héritage et une histoire qui constitueront une part essentielle de son identité. Dans tout ce parcours, jamais l’individu n’a eu droit au choix, postuler le contrat social et le plébiscite permanent en parlant de la nation est donc une aberration doctrinale qui vise à gommer la réalité même de celle-ci.

Le nationalisme, en conséquence, ne se confond pas non plus avec les idéologies jacobines centralisatrices qui nient l’existence des pays charnels, composante essentielle de la nation. Le centralisme jacobin ayant une conception abstraite de la nation, non pas perçue comme une communauté enracinée et identitaire mais un conglomérat d’individus égaux et interchangeables, a pour principe ontologique la haine de tout régionalisme qu’il perçoit comme un obstacle à l’avènement de la nation-contrat. Le nationalisme, en revanche, ne se dissocie pas du régionalisme en ce que les régions sont consubstantielles à la nation dont elles forment l’ossature : « le peuple français étant un composé. »

Enfin, le nationalisme se distingue des impérialismes ; si dans l’Histoire, la nation française a pu s’étendre par le biais des conquêtes, la sagesse des rois aura toujours été de se limiter résolument à une base cohérente : « mettre la France partout où fut la Gaule, » disait le cardinal Richelieu. Hormis l’épisode colonialiste, qui relevait plutôt d’un universalisme républicain que d’une construction nationale, la France dispose de frontières solides et historiques au-delà desquelles ne s’étend pas le nationalisme français : les désirs de conquêtes impérialistes, qu’ils soient jacobins ou bonapartistes, sont étrangers à la sage politique capétienne d’équilibre des empires. Aussi, notre nationalisme vise à la protection de l’identité française à l’intérieur de nos frontières. A l’extérieur, il se caractérise par une géopolitique opposée aux visées hégémoniques des empires mais ne s’inscrit pas dans un mouvement lui-même impérialiste. Le nationalisme vise à protéger l’héritage français, il n’y a pas lieu pour un nationaliste de vouloir mener le combat sur un terrain autre que la défense de cet héritage.

Si le nationalisme ne se confond pas avec l’impérialisme, c’est parce que ce dernier est lui-même une idéologie dont les paradigmes conduisent à substituer à la France réelle, celle qui existe concrètement, celle des champs, des villages, des traditions et des communautés, une France idéologique, fantasmée à travers des cartes d’empires, des légions militaires en mouvement et une hypothétique « gloire de conquête. » Cet impérialisme n’est pas le nôtre : la France que nous aimons et pour laquelle nous sommes nationalistes est celle qui s’enracine dans l’Histoire politique des Capétiens, notre France n’est pas un empire dont le seul dénominateur commun est une armée en marche.

Déification d’une nation ?

Maurras écrivait dans « Mes Idées Politiques » : « Nous ne faisons pas de la nation un Dieu, un absolu métaphysique, mais tout au plus, en quelque sorte, ce que les anciens eussent nommé une déesse. » L’appellation de « déesse » pourrait sembler choquante. Maurras pouvait se permettre plus facilement d’écrire cela que lui-même ne fut pas, avant sa mort, catholique. Sans doute eut-il plus modéré son verbe s’il l’avait été, car jamais il n’a souhaité déifier la nation : « Nous ne faisons pas de la nation un Dieu, un absolu métaphysique […] la nation occupe le sommet de la hiérarchie des idées politiques. De ces fortes réalités, c'est la plus forte, voilà tout. »

La nation n’est pas un horizon indépassable pour le nationalisme, elle est simplement au « sommet de la hiérarchie des idées politiques, » cela signifie que rien de politique ne peut avoir lieu au-delà de la nation, celle-ci demeure la limite humainement atteignable lors de la conduite d’une politique réaliste.

Cette conception ne nie pas les politiques de coopération internationales, mais, ainsi que leur nom l’indique, ces dernières sont « inter-nationales, » elles ne peuvent avoir lieu que dans le cadre de la rencontre d’intérêts précis entre plusieurs nations. Enfin, le nationalisme n’entend pas fixer le nation en absolu : la nation n’est que la limite matérielle de l’action politique, mais elle-même s’inscrit dans une ordre plus large dont l’échelon supérieur est civilisationnel (l’Europe par exemple) ou encore métaphysique (la chrétienté.)

Dès lors, toutes les idéologies qui ont entendu déifier la nation, la fixer comme point d’aboutissement ontologique de l’Homme lui-même, ne relèvent pas du nationalisme français. L’idéologie révolutionnaire dite française ou l’idéologie fasciste italienne, par exemple, ne s’inscrivent pas dans le courant du nationalisme maurrassien, ce dernier ne faisant qu’inscrire la nation au sommet de valeurs politiques et ne lui donnant, ainsi, aucune légitimité pour s’immiscer dans un domaine autre que la politique, c'est-à-dire la vie de la Cité : la nation n’est, par exemple, pas une notion spirituelle, même si le devoir du chrétien est de la servir.

Sacralisation d'une race ?

Pas plus que le nationalisme n’est la déification d’une nation, il n’est la sacralisation d’une race, ainsi qu’avait entendu le régime national-socialiste allemand.

« La France n’est pas une race, disait Bainville, c’est une nation » : conglomérat d’identités diverses unifiées par le long travail des rois qui ont fait la France. Fonder le nationalisme français sur la sacralisation d’une race quelconque, outre les dangers qu’une telle dérive idéologique fait courir, ainsi que l’expérience du passé nous l’enseigne, revient à inscrire la nation dans un cadre tout autant idéologique que ceux vus plus haut : une race ne constitue en aucune façon une nation, cette dernière étant le fruit d’un long travail politique d’enracinement.

Cela revient aussi à nier le caractère intrinsèquement pluriethnique de certaines nations comme la France, composée de Basques, d’Occitans, de Bretons, de Provençaux, d’Alsaciens, d’Antillais, etc. Il n’y a pas de « race française, » il y a une « nation française, » née de l’Histoire et héritage de chaque français, héritage que le nationalisme cherche à défendre.

Nous ne fixons donc pas la nation sur un critère racial même si nous restons lucides sur les dangers que fait peser l’éclatement ethnique de la France causé par une immigration massive ininterrompue depuis trente ans et causant l’installation, souvent durable, de populations allogènes sur notre sol conduisant progressivement, les facteurs ethniques et culturels confondus aidant, à la désintégration du tissu social et de la communauté nationale.

Le nationalisme maurassien

Les faux modèles de « nationalisme » ayant été écartés, il convient de s’interroger sur la nature véritable du nationalisme et en quoi il répond véritablement aux enjeux contemporains.

Le nationalisme, en ce qu’il postule à la fois la défense de l’héritage national et la place hiérarchiquement suprême de la nation dans le cadre des valeurs politiques, s’oppose à la broyeuse mondialiste. Fondé sur les libertés concrètes, il est un outil de défense contre les idéologies collectivistes. Enraciné, il est l’adversaire du totalitarisme.

Rempart contre le mondialisme

Dans une époque où l’européisme béat côtoie le mondialisme bêta, le nationalisme est un adversaire ontologique du monde moderne dans son acception actuelle. Le mondialisme, nihilisme à la mode, postule l’indifférenciation des hommes en ce sens qu’il nie les communautés diverses, souhaitant fondre l’ensemble de l’Humanité dans une seule pseudo « citoyenneté du monde. » L’européisme n’étant, dans ce cadre, qu’un « cache-sexe » du mondialisme puisque, dans le même ordre d’idée que le mondialisme, il entend nier l’existence des nations européennes au profit d’une hypothétique « nation européenne » qui n’existe pas plus que la « communauté humaine » au sens des mondialistes.

L’idéologie mondialiste de l’indifférenciation des hommes sert de terreau à l’immigrationisme dévastateur qui touche les sociétés occidentales actuelles. Partant du principe que les hommes sont identiques et interchangeables, l’immigration n’apparaît donc pas comme nocive puisque n’implique que l’entrée sur le territoire national d’hommes et de femmes en principe identiques à ceux déjà présents sur le sol.

Bien évidemment, cette idéologie est cause des déboires que traversent aujourd’hui les sociétés multiraciales et multiculturelles. Si notre nationalisme ne se fonde pas sur un critère racial, nous restons lucides sur les grands dangers que la décomposition ethnique de la France fait peser sur notre pays, notamment les risques de guerre civile qui peuvent découler de la présence de plus en plus forte de communautés allogènes en France, ou bien le risque du développement de l'Etat policier soft-totalitaire, solution en passe de s’implanter durablement aux Etats-Unis d’Amérique. Notre nationalisme est, en conséquence, par principe hostile à l’immigration massive qui frappe notre pays.

Le mondialisme entend aussi mettre à bas les solidarités naturelles, qu’elles soient familiales, régionales ou nationales, solidarités protectrices et indispensables à la cohésion d’un groupe social. En niant des communautés infra-mondiales, le mondialisme entend anéantir les frontières, honnies par les anarchisants, alors que ces dernières sont la matérialisation d’un territoire protecteur, d’un espace de sûreté propre à chaque peuple. Ces frontières sont aussi identitaires : chaque peuple existe par son identité propre, fruit de l’Histoire. Cette identité fait la différence réelle entre chaque peuple du globe, elle fait qu’un ressortissant d’une communauté ne fait pas partie d’une autre. Ces frontières là sont nécessaires, car l’identité est un besoin de l’Homme aussi naturel que la famille, la liberté, la sûreté. Là où le mondialisme entend anéantir les frontières, le nationalisme entend les protéger.

Libertés concrètes

Si le nationalisme est opposé au libéralisme philosophique et économique moderne, ce dernier postulant le primat de l’individu dégagé de toute obligation de fidélité à l’égard d’une communauté qui lui préexiste, il s’incarne en revanche dans la défense des libertés concrètes et réelles.

Loin des idéologies collectivités, nous ne concevons pas la nation tel un bloc monolithique où la propriété ou la liberté ne seraient que des facultés collectives manipulées par l'Etat seul. Si la nation est une construction politique, fruit du travail des rois, ces derniers ont eu pour support, pour ce faire, des peuples disposant chacun de traditions propres, de libertés concrètes et traditionnelles, de corps sociaux disposant de leurs droits, règles et coutumes.

La nation n’est pas une idée qu’il s’agirait d’imposer à d’autres domaines que la politique : la nation n’est pas un horizon indépassable, elle ne saurait dès lors régner de manière hégémonique sur la vie de chacun. La nation est une réalité politique et concrète, elle est protectrice de l’identité des peuples qui la composent. Néanmoins, elle ne saurait, au nom de l’utilité qu’elle procure, asphyxier les libertés des corps intermédiaires et des personnes qui la composent, sans quoi la nation, plutôt que d’être une réalité protectrice, deviendrait une idéologie alibi d’une politique liberticide et déshumanisante.

Ainsi, si nous sommes favorables à l’intervention voire le monopole de l'Etat dans certains domaines primordiaux, tels l’armée, la justice, l’énergie… nous sommes opposés au tout dirigisme étatique qui n’est qu’une forme de jacobinisme. Le rôle de l'Etat est avant tout de garantir les intérêts supérieurs de la nation, pas de prétendre lui procurer le bonheur matériel et encore moins spirituel.

Rempart contre le totalitarisme

Enfin, et même si cela est contesté par les chantres du politiquement correct et de la pensée unique, l’on peut considérer le nationalisme comme un rempart contre le totalitarisme, renversant ainsi le paradigme gauchisant selon lequel les totalitarismes trouveraient leurs racines dans les nations, celles-ci servant, selon eux, d’alibi aux pratiques hégémoniques de l'Etat.

Le nationalisme, en effet, se fonde sur l’enracinement et la défense des identités tant nationales que régionales ou corporatistes et, ainsi, s’appuie sur les communautés traditionnelles qu’il entend protéger. Ce schéma est donc fort éloigné du totalitarisme tel que défini par Hannah Arendt, celui-ci reposant sur l’atomisation des masses : Il faut une société où les communautés n’existent plus, une société où les valeurs, telles que la famille, sont en crise et les individus vont chercher dans un chef protecteur, une idéologie protectrice, un élément qui les unira. L’autre caractéristique est l’idéologie, c'est à dire le culte d’une idée : Il existe une idéologie propre au régime totalitaire, idéologie absolue et horizon indépassable qui s’impose à l’ordre des choses et doit commander l’action politique, là où le nationalisme est un pragmatisme politique.

Le nationalisme français, en s’inscrivant dans le cadre d’une politique traditionnelle, en ce qu’il se fonde sur les communautés naturelles auxquelles il ne cherche pas à se substituer, est un rempart du totalitarisme là où le mondialisme, idéologie d’indifférenciation des individus, de délitement des communautés, de relativisme ambiant et de destruction des identités propres constitue, lui, le terreau d’un totalitarisme nouveau : celui de la « fin de l’Histoire, » de l’administration mondiale des choses comme aboutissement irrésistible et, avec elle, de la fin de l’Humanité en tant que telle pour lui substituer un conglomérat d’individus dont la nature de consommateurs-producteurs sera le dénominateur commun.

Conclusion du nationalisme : la monarchie

Le nationalisme maurrassien est un outil dont l’objet est la défense de l’héritage français en attendant le retour du roi. Le roi, une fois revenu, donnera un visage et un corps matériel à ce nationalisme protecteur de la nation française.

Parce que le roi tire sa légitimité de la tradition historique qui est celle de sa famille, irrémédiablement liée à celle de la France, il ne peut fonder son action politique sur un terrain autre que cette tradition, tradition dont nous avons vu qu’elle était un rempart au totalitarisme.

Le roi, également, dont l’intérêt se confond avec celui de la nation, ainsi que le philosophe Raymond Aaron lui-même l’admettait, se place au-dessus des factions et des partis ce qui préserve le poste de chef de l'Etat de la compétition partisane que sont les élections, assurant ainsi indépendance et stabilité à cette fonction centrale d’un Etat.

Le nationalisme, ainsi, est une réponse concrète pour les enjeux du monde moderne et la conclusion de celui-ci est dans la monarchie.

Doumenge Mistral

8 commentaires pour "Le nationalisme est-il ringard ?"

  1. Vincent.C.

    Le 23 mai 2007 à 11:51

    très bon, très fin

  2. pour la france

    Le 23 mai 2007 à 16:16

    Clair, précis. Un texte à diffuser !

  3. Catoneo

    Le 24 mai 2007 à 14:08

    Pas mal et ... copieux !
    Peut-on récupérer du texte de cet article pour Royal Artillerie ?

  4. Lafronde

    Le 24 mai 2007 à 14:47

    Aussi, notre nationalisme vise à la protection de l’identité française à l’intérieur de nos frontières. A l’extérieur, il se caractérise par une géopolitique opposée aux visées hégémoniques des empires mais ne s’inscrit pas dans un mouvement lui-même impérialiste. Le nationalisme vise à protéger l’héritage français, il n’y a pas lieu pour un nationaliste de vouloir mener le combat sur un terrain autre que la défense de cet héritage.

    Le problème, c'est que la crise morale et de déclin du Politique que nous traversons est le lot commun de tous les pays d'Europe, et certains même, en matière de repentance, nous ont clairement devancé. Il n'y a pas d'avenir de sursaut dans le cantonnement à l'intérieur de nos frontières. Le problème est civilisationnel, pas franco-français. Ensuite l'entreprise colonisatrice a peut-être été fécondée par les penseurs pré-socialistes et jacobins, il n'en reste pas moins qu'elle a fait progresser l'Afrique comme jamais et que les échecs actuels du continent sont imputables à des gouvernements indépendants qui, après la décolonisation, ont plombé l'économie de leurs pays.

  5. voxifera

    Le 24 mai 2007 à 16:17

    @ Catoneo : cet article peut être récupéré en partie ou en entier pour un autre blog... la seule condition est d'en signaler la source.

    @Lafronde : ce que je voulais dire en disant que le nationalisme se cantonne à nos frontières, cela se voulait en opposition avec le "bonapartisme" de certains nationalistes (généralement révolutionnaires) pour qui le nationalisme passe par la domination des nations voisines.

    Quant à la colonisation en Afrique, que celle-ci fut profitable ou non aux Africains ne m'intéresse pas, j'estime qu'elle fut une erreur universaliste dans son fondement même.

  6. Lafronde

    Le 26 mai 2007 à 12:01

    ce que je voulais dire en disant que le nationalisme se cantonne à nos frontières, cela se voulait en opposition avec le “bonapartisme” de certains nationalistes (généralement révolutionnaires) pour qui le nationalisme passe par la domination des nations voisines.

    Alors nous sommes d'accord.

    Quant à la colonisation en Afrique, que celle-ci fut profitable ou non aux Africains ne m’intéresse pas, j’estime qu’elle fut une erreur universaliste dans son fondement même.

    Et encore... Les rêves d'empire ont du charme, et il n'y a rien que l'on peut plus regretter en Europe que le temps des empires, et pas besoin de remonter à Remus et Romulus, le monde d'avant 14 en donne un exemple avec les puissances centre-européennes. La colonisation a certes été fécondée par des jacobins révolutionnaires mais je dis juste qu'il ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, l'image du pionnier est à mon sens une belle image, celle de l'homme qui découvre et mêle son travail à une nouvelle terre, tout en sachant qu'il participe à la grandeur de son pays. Et que cela soit ou non intrinséquement mauvais, on ne va tout de même se voiler la face sur les effets positifs de la colonisation en Afrique.

    Je cite le rapport de députés français (même si par ailleurs je condamne la loi sur le rôle positif de la colonisation comme toutes les lois qui donnent à l'Etat le droit d'écrire l'histoire) :

    La France avait demandé à ses fils les plus intrépides d’assurer son rayonnement par delà les mers : avec courage, avec enthousiasme, avec ténacité, ils l’ont fait. Les terres ont été mises en valeur, les maladies ont été combattues, une véritable politique de développement a été promue...

  7. Lafronde

    Le 26 mai 2007 à 12:03

    Pardon, j'ai oublié de citer ma source :

    http://www.afrik.com/article8909.html

  8. sparte

    Le 5 septembre 2007 à 17:26

    je l'ai lu 8)
    mais ca correspon a ce que tu m'avais expilqué
    merci encore